Cameroun: mobilisation de l’opposition en faveur des régions anglophones

Bamenda, une des villes anglophones du Cameroun les plus importantes (photo d'illustration).
© AFP/Reinnier KAZE

Au Cameroun, une manifestation de l'opposition en soutien aux populations des régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest a été réprimée, samedi 21 octobre, à Douala. Cette manifestation était organisée par le SDF, soutenu par une dizaine d'autres formations politiques et des mouvements de la société civile. Les autorités, invoquant des risques de troubles à l'ordre public, ont interdit cette manifestation, qui a été dispersée par les forces de l'ordre.

Les organisateurs avaient annoncé la marche du siècle mais, en face, l’administration a tout fait pour empêcher qu’elle se tienne. Très tôt, aux aurores, les résidences des meneurs ont été placées sous étroite surveillance policière dont principalement celle de Jean-Michel Nintcheu, député et leader régional du SDF. La veille, il avait indiqué qu’il braverait l’interdiction de manifestation servie par les autorités.

Face-à-face tendu

En milieu d’après-midi, un face à face tendu a bien eu lieu entre ces députés et les forces de sécurité, massivement déployées, avec des camions antiémeutes sur un très large périmètre, sur le site qui était censé abriter la manifestation. Des témoins ont rapporté qu’il avait finalement été reconduit de force à son domicile.

D’autres leaders ont essayé de contourner ce dispositif sécuritaire. Ils ont pu marcher sur quelques centaines de mètres avant d’être stoppés net par la police.

Risques graves à l'ordre public

L’administration, pour justifier l’interdiction de cette manifestation, préalablement autorisée, avait, quant à elle, évoqué le fait que l’objet initial annoncé par les organisateurs avait été détourné à d’autres fins, avec des risques graves à l’ordre public.