Nouveau coup de froid dans les relations houleuses entre le Maroc et l'Algérie

Abdelkader Messahel (photo d'archives, 2012).
© AF / STRINGER

Rabat a décidé le rappel de son ambassadeur à Alger après des propos du chef de la diplomatie algérienne vendredi 20 octobre. Lors d'un forum consacré à l'investissement en Afrique, Abdelkader Messahel a accusé les banques marocaines de blanchir l'argent du haschich sur le continent. Le ministre s'en est également pris à la Royal Air Maroc.

Des banques marocaines accusées de blanchiment et la compagnie nationale soupçonnée de transporter des cargaisons illicites, il n'en fallait pas moins pour déclencher une levée de boucliers tous azimuts : la Royal Air Maroc et le groupement professionnel des banques du Maroc se sont fendues d'une déclaration dénonçant les propos d'Abdelkader Messahel.

Côté diplomatie, le chargé affaires de l'ambassade d'Algérie au Maroc a été convoqué à Rabat, il s'est vu signifier « le caractère irresponsable, voire enfantin, des déclarations d'Abdelkader Messahel ».

Cette nouvelle crise intervient sur fond de lutte d'influence entre les deux rivaux maghrébins en Afrique subsaharienne. Et Rabat cette année a marqué des points. Après avoir mené une offensive économique dans de nombreux pays d'Afrique de l'Ouest, le Maroc a retrouvé depuis 8 mois son siège au sein de l'Union africaine - qu'il avait déserté il y a plus de 30 ans en raison du conflit au Sahara occidental.

Ce regain de tension pourrait d'ailleurs compliquer encore un peu plus la reprise des pourparlers attendus entre les deux pays à ce sujet. Le nouvel envoyé spécial de l'ONU pour la région, Horst Kohler, vient d'achever cette semaine une tournée dans la région.