Algérie: recrudescence des migrations vers l'Europe

Carte de la mer Méditérrannée.
© Carte: Eric Gaba/ Wikimedia.org

L'agence européenne Frontex a annoncé la semaine dernière que le nombre de migrants arrivés du Maghreb et de Turquie était en augmentation en 2017. Cette augmentation des départs concerne aussi l'Algérie, où l'Etat avait pourtant pris des mesures en 2008 pour réduire les départs.

Impossible de savoir quel est leur nombre exact. Mais ils sont beaucoup plus nombreux que les années précédentes. Ces deux derniers mois, l'armée algérienne a arrêté plus de 1 500 personnes à bord de barques qui tentaient de se rendre en Europe par la mer. C'est plus qu'au court de toute l'année 2015.

Depuis la région d'Oran, à l'ouest, comme depuis la région d'Annaba, à l'est, les départs se sont accélérés depuis environ un an. En Italie par exemple, les autorités arrêtent chaque mois entre 100 et 250 Algériens en situation irrégulière depuis l'été 2016.

Femmes avec de très jeunes enfants

Ces départs ne sont pas une nouveauté. En 2006 et 2007, le nombre de « harragas » [migrant clandestin qui prend la mer depuis les pays du Maghreb, ndlr] explosait, poussant l'Algérie, comme la Tunisie et le Maroc, à modifier ses lois et à criminaliser l'immigration clandestine.

Depuis, on croyait les départs taris. On pensait que les peines de prison et les amendes pour tous les jeunes arrêtés en mer avaient dissuadé le plus grand nombre.

Mais ces dernières semaines, sur les réseaux sociaux, ce sont bien des vidéos de départ et d'arrivée qui circulent. On y voit des jeunes hommes, que des garde-côtes finissent par laisser passer, mais on y voit aussi désormais des femmes, avec de très jeunes enfants.