RDC: avant l’arrivée de Tshisekedi, des opposants arrêtés à Lubumbashi

Ces arrestations interviennent la veille de la venue de Felix Tshisekedi à Lubumbashi.
© REUTERS/Robert Carrubba

Plusieurs membres de l'opposition ont été arrêtés dimanche 22 octobre à Lubumbashi alors qu'ils participaient à une réunion pour préparer l'arrivée de Félix Tshisekedi ce lundi dans la capitale du cuivre. Selon les autorités provinciales, les personnes arrêtées étaient sur la voie publique alors que l'opposition affirme que ce sont les policiers qui sont allés les chercher dans l'enceinte du siège de l'UDPS. Lubumbashi constitue la première étape d'une tournée de sensibilisation et de mobilisation des populations à travers le pays.

Au moment des faits, le commissaire provincial de la police, le général Paulin Kyungu en personne, dirigeait les opérations sur place, au siège de l'UDPS. Une information confirmée par le gouverneur du Haut-Katanga, Pande Kapopo, joint au téléphone. Selon le numéro 1 de la province, les personnes arrêtées l'ont été dans la rue, alors que les dispositions en vigueur depuis plusieurs mois conditionnent toute manifestation publique à une autorisation de l'autorité municipale.

L'opposition, elle, accuse les policiers d'avoir procédé aux arrestations à l'intérieur du siège et d'avoir saisi le matériel de sonorisation. Autre fait à noter : les autorités provinciales et l'opposition ne se sont toujours pas accordées sur les dispositions concernant le séjour de Félix-Antoine-Tshisekedi à Lubumbashi.

« Il arrivera et sera accueilli à l'aéroport, ensuite la police le prendra en charge pour assurer la sécurité », a expliqué le gouverneur de province tout en ajoutant que les partisans de l'opposition devront se soumettre aux dispositions imposées par les autorités provinciales. Mais la coordination du Rassemblement de l'opposition pour le Grand Katanga ne l'entend pas de cette oreille. Gabriel Kyungu, lui, insiste sur l'accueil, le tour dans la ville en cortège et le meeting prévu au square Forest.

Par ailleurs, selon l'AFP, plusieurs dizaines de militants d'opposition qui se rendaient ce lundi 23 octobre à l'aéroport de Lubumbashi pour accueillir leur chef de file ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes. Deux d'entre eux ont été arrêtés par des policiers anti-émeutes déployés dans la ville tôt le matin.

Les Nations unies ont appelé ce lundi 23 octobre, à Kinshasa, les autorités congolaises à libérer immédiatement les opposants arrêtés hier à Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), où est attendu le leader de l'opposition. « Je demande instamment aux autorités congolaises la libération immédiate et inconditionnelle des personnes arrêtées arbitrairement hier à Lubumbashi », déclare dans un communiqué Maman Sidikou, chef de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco).


Une tension palpable à l'arrivée de l'opposant Félix Tshisekedi

A l’aéroport, où seule une poignée de représentants de l’opposition ont pu l’accueillir, 5 selon le porte-parole du rassemblement à Lubumbashi, les militants qui pensaient être présents sur le tarmac ont été dispersés dans la matinée à coup de gaz lacrymogène, selon l’AFP, quant à Gabriel Kyungu le coordonnateur du rassemblement dans le Katanga, il dit avoir été empêché de se rendre jusqu’à l’aéroport, intercepté par la police puis raccompagné chez lui sous escorte, où il attend Felix Tshisekedi.

Gabriel Kyungu décrit une ville quadrillée par des militaires et la police antiémeute notamment, il dit avoir essuyé des jets de pierre sur le trajet de la part d’habitants mécontents, Lubumbashi est donc sous tension. Quant aux militants de l’UDPS arrêtés hier ils ont été transférés ce matin à 10h au parquet du tribunal le grande instance de Lubumbashi.

La Monusco s’est également inquiétée d’incidents impliquant « des hommes armés » qu’ils lui ont été rapportés contre la résidence de Joseph Olenghankoy le responsable de la suivie de l’accord national de la Saint-Sylvestre. Ce que craint la Monusco c’est que petit à petit les acquis de cet accord signé l’an dernier ne tombent à l’eau.