Burundi: deux chefs de la principale rébellion manquent à l'appel

Vue de Bujumbura, capitale du Burundi (photo d'illustration).
© Wikimedia Commons/SteveRwanda

La rébellion des Forces populaires du Burundi, les ex-Forebu composés essentiellement de soldats et de policiers qui ont déserté les corps de défense du Burundi depuis le début de la crise politique dans ce pays il y a plus de deux ans, pourrait avoir subi un coup dur. Ses deux principaux leaders, le général Jérémie Ntiranyibagira, un ancien compagnon d'armes du président Pierre Nkurunziza devenu leur chef depuis leur changement de nom fin août et son adjoint, le colonel Edouard Nshimirimana, auraient été arrêtés samedi 21 octobre dans l'est de la Tanzanie, en compagnie de deux autres cadres du parti. Leurs compagnons d'armes semblent avoir perdu toute trace de leurs chefs depuis lors.

Les premières alertes sur la disparition des deux leaders des Forces populaires du Burundi sont apparues sur les réseaux sociaux il y a deux jours. Mais très vite, le ton est devenu alarmant, leurs auteurs assurant qu'ils avaient déjà été extradés au Burundi. Le porte-parole de cette rébellion revient sur ce qui s'est passé.

« Samedi soir, vers 21h, on a été en contact avec eux, raconte le colonel Adolphe Manirakiza. Mais depuis, on n’a plus de trace de nos deux leaders. Les informations que nous avons, c’est qu’ils auraient été arrêtés par la police tanzanienne. D’autres informations disaient qu’ils étaient en compagnie des éléments burundais. »

Officiellement, les rebelles des FPB ne pouvaient pas dire avec certitude lundi comment leurs chefs avaient été arrêtés et où ils étaient détenus. Interrogée par RFI Swahili, la police tanzanienne a assuré qu'elle n'avait pas arrêté ces hommes.

Côté burundais, pas de réaction à part celle du responsable de la communication présidentielle Willy Nyamitwe qui dit refuser de communiquer sur ce qu'il considère « comme des éléments fabriqués de toutes pièces ».

Mais dans les rangs rebelles, on parle de plus en plus d'un faisceau de preuves qui semblent indiquer que le général Jérémie Ntiranyibagira et le colonel Edouard Nshimirimana seraient désormais aux mains de Bujumbura.