Présidentielle au Liberia: arrivé troisième, Brumskine conteste le scrutin

Charles Brumskine, avocat et candidat du parti de la Liberté lors de l'élection présidentielle au Liberia, à Monrovia, le 8 octobre 2017.
© REUTERS/Thierry Gouegnon

Au Liberia, le candidat qui est arrivé troisième conteste la validité du premier tour de l’élection présidentielle. George Weah, le footballeur de légende, et Joseph Boakai, candidat du parti au pouvoir, doivent, en principe, s’affronter au second tour, prévu pour le 7 novembre. Mais l’avocat Charles Brumskine entend jouer les trouble-fête.

Maître Brumskine, le candidat du Parti de la liberté, qui a obtenu 10 % des voix, demande à la commission électorale du Liberia d’annuler purement et simplement le premier tour.

Les candidats à la présidence et à la vice-présidence ont tous deux porté plainte lundi. Ils avaient une semaine pour le faire après la proclamation des résultats officiels et finaux. Dans sa plainte, Me Brumskine dénonce des « fraudes » et de « grossières irrégularités », affirmant même que certains bulletins de vote étaient pré-remplis.

« Nous demandons à la commission électorale de suspendre la tenue du second tour tant que notre plainte n'aura pas été examinée », explique Abraham Darius Dillon, le porte-parole du Parti de la liberté.

Si la commission ne se saisit pas de cette plainte d’ici jeudi, il entend demander à la Cour suprême d’adopter une ordonnance pour suspendre la tenue du second tour, qui doit avoir lieu le 7 novembre.

« Ce qui est en jeu, soutient Abraham Darius Dillon, le porte-parole du Parti de la liberté, ce n’est pas uniquement l’éventuelle victoire de Charles Walker Brumskine. Ce qui est en jeu, sur le fond, c’est la survie et l’amélioration de notre système électoral pour qu’il traduise vraiment la volonté et les espoirs de notre peuple. »

Si la commission électorale donne raison au parti de la Liberté, plus de 2 millions de Libériens pourraient retourner aux urnes pour départager les 20 candidats qui se sont affrontés au premier tour le 9 octobre. Des observateurs internationaux, notamment ceux du Centre Carter et de l’Institut national démocratique avaient, eux, soutenu que le scrutin s’était pourtant bien passé, dans l’ensemble.