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Kenya

Kenya: à la veille du nouveau scrutin, tensions et incertitude à leur paroxysme

Des électeurs cherchent leur nom sur les listes électorales près d'un bureau de vote à Mathare, un quartier de Nairobi, le 24 octobre 2017, alors que le scrutin est toujours menacé.
© REUTERS/Siegfried Modola

Ce mercredi 25 octobre, veille de la présidentielle bis organisée après l’annulation de celle du mois d’août, a été déclaré férié. L'opposition refuse de participer et manifeste dans la rue. Le pouvoir veut que le scrutin se tienne comme prévu jeudi. Au milieu, la Cour constitutionnelle est sous forte pression et reconnaît qu'il lui sera difficile d'organiser un vote crédible. Le pays est désormais dans le flou et difficile de savoir ce qui va se passer.

Sous pression, la Commission électorale est prise entre deux feux. D'un côté l'opposition lui demande de reporter ; de l'autre, le pouvoir pousse pour le maintien. Pour la professeur Gabrielle Lynch, difficile de trancher. « Chaque choix pourrait se justifier. Vu les tensions internes, un délai semble nécessaire, mais pour combien de temps et avec quels changements ? », s'interroge cette enseignante de l'université de Warwick.

Uhuru Park, épicentre des manifestations
25-10-2017 - Par Sébastien Nemeth

Mardi, Raila Odinga a annoncé qu'il donnerait des instructions pour le jour du vote, même s'il a déjà appelé ses partisans à continuer les manifestations et àboycotter le scrutin.

« Beaucoup de choses dépendent de ce qu'il dira. Cela aura un impact sur la participation, sur le nombre d'agents qui viendront tenir les bureaux. Néanmoins, on dirait que la Nasa n'a pas vraiment de stratégie », indique Gabrielle Lynch.

Spécialiste du Kenya, Nic Cheeseman juge la coalition divisée. « Certains leaders pensent à la présidentielle 2022 et aimeraient que les choses se calment. La Nasa essaie peut-être de se mettre en position de force et voir comment on réagit autour d'elle », analyse-t-il.

Une audience d'urgence à la Cour suprême

Pour l'universitaire, il faudrait un événement majeur pour tout bouleverser. Un groupe de candidats qui se retire, voire une démission du président de la Commission. « Mais le Jubilee a une parade avec son projet de loi électorale en cours prévoyant un remplacement par le numéro deux de l'IEBC en cas de vacance », indique Nic Cheeseman.

Les chercheurs d'International Crisis Group (ICG), eux, ont recommandé un report de 30 à 45 jours, et un engagement des candidats à ne pas boycotter.

Mais peut-être qu'en fin de compte, la Cour suprême va jouer les arbitres. Son président, David Maraga, a convoqué ce mercredi matin une audience d'urgence pour trancher un recours demandant qu'on stoppe l'élection.

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