Nigeria: ouverture du procès des partisans de l'indépendance du Biafra

Le principal leader indépendantiste biafrais (IPOB) Nnamdi Kanu après avoir été mis en liberté sous caution par la Haute cour fédérale, à Abuja, le 25 avril 2017.
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Le tribunal d'Umuhia, au Nigeria, organise ce mercredi 25 octobre un procès de grande envergure. Soixante militants indépendantistes sont jugés pour de présumés faits d'« acte de terrorisme » et de « tentative de meurtre ». Un procès qui se tient dans un contexte tendu : un couvre-feu est toujours en vigueur et plusieurs accrochages entre forces de sécurité et partisans d'un Etat biafrais indépendant se sont produits ces dernières semaines. Un climat d'autant plus pesant qu'en septembre le gouvernement fédéral d'Abuja a classé l'Ipob (Mouvement indépendantiste pour le peuple des indigènes) comme une « organisation terroriste ».

Les 60 prévenus ont été interpellés par l'armée en septembre dans l'Etat d'Abia, où les troupes mènent officiellement une série d'opérations de lutte contre la criminalité. Il s'agit de membres du Mouvement indépendantiste pour le peuple des indigènes, l'Ipob. Ces personnes font partie de la faction radicale de l'Ipob, celle menée par l'activiste très controversé, Nnamdi Kanu. La justice les accuse d'avoir mené des « actes de terrorisme ».

Sur le fond, ces militants réclament la sécession du Biafra et tentent de décourager les citoyens à participer aux élections locales. Une démarche fortement critiquée par le gouvernement fédéral d'Abuja, qui a classé le Mouvement IPOB comme une « organisation terroriste ».

Abuja estime, en effet, que ce mouvement attise les tensions, en divulguant notamment des informations évoquant un prétendu « génocide » contre les communautés Igbos. De leur côté, les proches de Nnamdi Kanu voient ce procès d'un mauvais oeil. Ils dénoncent les interventions musclées de l'armée contre des manifestants selon eux, souvent désarmés.