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RCA

RCA: interpellé par les députés centrafricains, António Guterres répond

Le secrétaire général des Nations unies António Guterres, lors de son allocution devant l'Assemblée nationale de RCA, à Bangui, le 27 octobre 2017.
© ALEXIS HUGUET / AFP

Le secrétaire général de l'ONU achève ce vendredi 27 octobre au soir sa visite de quatre jours en RCA. António Guterres est allé ce matin à la rencontre des habitants du PK5. Auparavant, il s’est adressé à l’Assemblée nationale où il a été interpellé par les députés. Et ces derniers n’ont pas mâché leurs mots.

Le président de l’Assemblée a fait part du trouble permanent qui saisit les Centrafricains. « Comment expliquer que 12 000 hommes de la force des Nations unies soient sur le terrain et qu’en même temps les populations civiles continuent d’être massacrées ? Quel est le mandat de cette force ? Ne peut-on pas faire mieux et plus ? » a demandé Karim Meckassoua. « Comment se fait-il que les FACA [les forces armées centrafricaines] ne soient pas réarmées et déployées dans nos provinces ? » a-t-il ajouté.

Après un plaidoyer de deux députés, le chef de l’opposition Anicet-Georges Dologuélé, prend la parole à son tour : « Nous avons tous relevé que certains responsables de la Minusca entretenaient avec des chefs de guerre des sympathies liées, soit à la culture, soit à la religion, soit à des intérêts économiques obscurs ». Tonnerre d’applaudissements dans l’hémicycle.

« Ces forces sont au service du peuple centrafricain »

António Guterres, parlementaire pendant plus de vingt ans, monte à la tribune. Il défend l’impartialité de la Minusca, le sacrifice de ses soldats et concède la nécessité d’amélioration du mandat.

Puis, il réplique : « Je vous garantis que ces forces sont au service du peuple centrafricain et n’ont aucun autre agenda. Je connais la politique et quelquefois c’est très facile de faire de la manipulation d’une réalité et la manipulation politique peut avoir des conséquences terribles ». Il ajoute « vous pouvez compter sur moi pour plaider pour que les FACA puissent disposer d’armes et d’équipements. Vous avez le droit d’être les maîtres de votre destin ». Les députés applaudissent à tout rompre, conquis par leur hôte du jour.

António Guterres se rend au PK5

Après l'Assemblée nationale, le secrétaire général de l'ONU s'est rendu au PK5, quartier de Bangui à prédominance musulmane.

Guterres au PK5 - reportage
27-10-2017 - Par Pierre Pinto

Des symboles forts et un message à la communauté internationale

En quatre jours, Antonio Guterres aura multiplié les rencontres et les symboles forts : visite a Bangassou sous la menace permanente des anti-Balaka et où la Minusca tente de reprendre la main en protégeant les déplacés musulmans ; rencontres avec les autorités, les diplomates, les partis politiques, la société civile, les religieux et avec des victimes d'abus sexuels commis par les casques bleus ; visite au PK5.

A chaque fois, António Guterres martèle ses messages : « Il n'y a pas de guerre religieuse qui ne soit le résultat de manipulations politiques de quelques-uns qui servent leurs intérêts propres ». « L'ONU est là pour vous aider à faire la paix ; privilégiez le dialogue ».

Mais le message essentiel de cette visite s'adresse au reste du monde, pour qu'il se rappelle cette « crise oubliée » et en particulier au Conseil de sécurité qui doit renouveler avant la mi-novembre le mandat de la Minusca. Le secrétaire général plaide pour un renforcement de la capacité de la mission : 900 casques bleus supplémentaires et davantage de moyens dans un contexte financier difficile pour les opérations de maintien de la paix.

Obtenir aussi que les 500 millions de dollars du plan humanitaire 2017, financés pour l'instant à 40%, soient totalement mobilisés. Et pour que les deux milliards promis l'an dernier à Bruxelles pour le développement du pays soient eux aussi effectivement versés.

Le secrétaire général de l'ONU António Guterres a rencontré le comité pour la paix et la réconciliation du PK5, quartier à prédominance musulmane de Bangui, le 27 octobre 2017. © ALEXIS HUGUET / AFP

(Ré)écoutez : António Guterres, invité Afrique sur RFI

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