Burkina Faso: la défense du général Diendéré contre-attaque

Le général Diendéré, leader présumé du coup d'Etat manqué, au tribunal le 27 avril 2017.
© Ahmed OUOBA / AFP

Au Burkina Faso, l'audience de confirmation des charges se poursuit au tribunal militaire de Ouagadougou. Le général Gilbert Dienderé, cerveau présumé du putsch sous la transition, a contesté l'ordonnance du juge d'instruction et a demandé l'inculpation de plusieurs chefs militaires, parmi lesquels l'ex-chef d'état-major général des armées. Les avocats de Gilbert Dienderé demande l'annulation de cette ordonnance, qui à leurs yeux comportent de nombreuses irrégularités.

Le général Gilbert Diendéré, ex-chef d'état-major particulier de Blaise Compaoré, est poursuivi entre autres pour crime contre l'humanité, attentat à la sûreté de l'Etat, meurtres, et complicités de coup et blessure.

Durant trois heures, il était face au président de la chambre de contrôle. Selon Mathieu Somé, son avocat, le présumé cerveau du coup d'Etat demande l'annulation de l'ordonnance du juge d'instruction pour plusieurs irrégularités constatées : « Depuis le début, c'est la violation des droits de la défense. L'autre raison que nous avons évoquée pour demander la nullité, c'est la perquisition qui a été faite au domicile du général, en son absence. Et troisièmement, son téléphone principal a disparu. Et c'est sur ce téléphone qui semblerait que Nion [l’adjudant Jean Florent Akowé Nion, membre de l’ex-RSP également inculpé, ndlr] a envoyé un sms qui aurait déclenché tout ça. Et quand on a posé la question, même si cette puce disparaît, Nion a un téléphone ! Mais on nous dit qu'on a remis ce téléphone à la famille de Nion... »

Gilbert Diendéré demande également l'inculpation de l'ancien chef d'état-major général des armées et de plusieurs hauts gradés de l'armée pour l'avoir désigné le 17 septembre 2015 comme président, étant constatée la vacance du pouvoir. « Comme c'est le RSP qui a commencé, ils ont estimé que celui qui le connaissait le mieux n'a qu'à prendre la tête, et ils vont le soutenir. C'est pourquoi le général avait dit qu'il avait le soutien de l'armée. Sinon comment sortir l'hélico ? Il faut que le chef d'état-major signe pour aller chercher le matériel du maintien de l'ordre... »

Maitre Mathieu Somé a réitéré sa demande de libération du général Gilbert Diendéré car, en l'absence d'un renouvellement du mandat dépôt, son client est détenu de façon « arbitraire », estime-t-il.

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