L'Ofpra a mené sa première mission d'identification de réfugiés au Tchad

Le camp de réfugiés, situé aux portes de Baga Sola, au Tchad.
© AFP PHOTO/PHILIPPE DESMAZES

L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) a mené, cette semaine, au Tchad, sa première mission d'identification de réfugiés éligibles à l'asile en France. Une délégation cet organisme français a entendu plus de 200 personnes. Il s’agit de la première mise en œuvre de la décision du président français, Emmanuel Macron, de mener, dans le Sahel, une identification de réfugiés éligibles au droit d'asile et qui éviteraient ainsi la dangereuse route illégale de la Libye et de la Méditerranée.

Trois mille personnes pourraient être accueillies en deux ans, dans le cadre de ce programme de recensement au Tchad et au Niger. Des familles, le plus souvent des personnes ressortissantes ; des Soudanais du Darfour ainsi que des Centrafricains, pour l’essentiel, qui sont présents au Tchad depuis un certain nombre d’années et qui figurent sur les listes du HCR ont été entendus par des officiers de protection de l’Ofpra de manière à s’assurer que leur situation relève bien du droit d’asile.

Joint par RFI, Pascal Brice, directeur général de l'office précise que les auditions viennent de se dérouler et qu’elles concernent, dans un premier temps, 240 personnes entendues.

« Nous sommes maintenant dans l’examen, de manière à pouvoir prendre des décisions pour nous assurer que celles et ceux qui relèveront bien du droit d’asile pourront être accueillis en France », a-t-il annoncé.

Pascal Brice a également souligné que les personnes qui relèvent du droit d’asile sont aussi celles qui ont ont des craintes en cas de retour dans leur pays, notamment au Darfour.

« C’est dans ces conditions-là, en prenant également en compte souvent des critères de vulnérabilité, qu’elles seront autorisées à rejoindre la France dans la limite de 3 000 personnes, en deux ans », a ajouté le directeur général de l'Ofpra.

Les premières 240 personnes devraient arriver prochainement en France, si aucun problème de conformité ou de sécurité n'est repéré.

Ces personnes bénéficient d’un accueil qui sera assez semblable à celui que nous mettons en œuvre, depuis maintenant 4 ans, pour des réfugiés venus du Liban, de Jordanie, d’Egypte et de Turquie.
Pascal Brice
28-10-2017 - Par Laura Martel

De nombreuses ONG dénoncent, dans la distinction faite entre réfugiés et migrants économiques, une sorte de « tri » entre les « bons » et  les « mauvais migrants ».