Affaire Zongo: François Compaoré laissé en liberté par la justice française

François Compaoré, frère du président Compaoré, glisse son bulletin dans l'urne à Ouagadougou, le 2 décembre 2012. (Photo d'illustration)
© AFP PHOTO / AHMED OUOBA

François Compaoré était présenté, ce lundi 30 octobre, devant le parquet de Paris. Il avait été arrêté hier à sa descente d'avion. Le Burkina Faso avait émis un mandat d'arrêt international à son encontre. Mais la justice française a décidé de le laisser en liberté le temps qu'elle décide ou non de son extradition. Le ministre de la Justice burkinabè, René Bagoro, a annoncé, ce lundi, que son pays a demandé, à la France, l’extradition de François Compaoré.

François Compaoré est laissé en liberté par la justice française. Le frère de l'ancien président burkinabè est mis en cause dans l'affaire de l'assassinat du journaliste Norbert Zongo. C'était en 1998. Le parquet doit désormais statuer sur son éventuelle extradition vers Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, comme le réclame le nouveau pouvoir burkinabè. François Compaoré aura besoin d'une autorisation spéciale pour pouvoir quitter le territoire pendant l'examen de la procédure d'extradition.

« Ce matin, la justice française a décidé que François Compaoré resterait en liberté. Je dis bien resterait, il n’a pas été placé en liberté, il reste en liberté puisque, hier, il n’était pas emprisonné. Il était juste dans une situation d’attente administrative afin que la justice voit dans quelle mesure elle allait collaborer avec la justice burkinabè. Donc cette collaboration interviendra bien sûr, mais François Compaoré restera et sera libre de ses mouvements », explique Maître Sur, avocat de François Compaoré.

« Il ne pourra pas sortir du territoire français. Pour qu’il sorte, il faut qu’il en effectue une demande spéciale à la chambre de l’instruction. Et tout laisse à penser que la chambre de l’instruction l’accepterait. Voilà, c’est une procédure classique quand on est dans une procédure extraditionnelle, car la procédure n’est pas terminée aujourd’hui. Il faut que le Burkina Faso maintenant nous fasse valoir sa demande extraditionnelle, sur quels fondements, quels textes, quelles règles de prescription, etc. Et cette demande, qui devra arriver dans les vingt jours ici à Paris, sera examinée à nouveau par la justice française. Puis on verra tout cela dans les semaines à venir », a conclu maître Sur.

La justice burkinabè s'interroge sur le rôle de François Compaoré dans l'assassinat en 1998 du journaliste Norbert Zongo et de trois compagnons de voyage. Ils avaient été retrouvés morts, carbonisés dans leur véhicule. François Compaoré est poursuivi pour « incitation à assassinats », selon un avocat de la famille Zongo.


 ■ François Compaoré, un homme de réseaux

François Compaoré, c'était le frère et le conseiller. « Le petit président », comme il était surnommé. François Compaoré était au cœur du système au point que beaucoup ont imaginé qu'il pourrait un jour succéder à son frère. Un homme tout-puissant, un homme de réseaux. Il avait bâti avec sa belle-mère Alizeta Ouédraogo, « la belle mère nationale » comme le disaient les Burkinabès, un véritable empire économique dans le BTP, l'importation de ciment ou de riz, l'exploitation de l'or aussi.

Dans la sphère politique, on lui prête bien des pouvoirs : celui de faire démettre un ministre ou d'intervenir dans le choix d'un autre. François Compaoré, un homme puissant, mais un homme toujours en retrait. Il ne s’exprimait quasiment jamais en public, n’accordait que de rares interviews.

Il est cependant l'un des personnages les plus impopulaires des 27 années du régime de Blaise Compaoré. Lors de l'insurrection des 30 et 31 octobre 2014, des manifestants sont tués devant sa résidence. Sa maison est mise à sac. Tout un symbole. Il doit fuire le pays grâce à un hélicoptère de l’armée française qui l'emmène, lui et son frère, loin de Ouagadougou.

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