Cameroun: maître Harissou de retour en prison mais bientôt libéré

Vue de Yaoundé, capitale du Cameroun. (Photo d'illustration)
© Tim E. White/Getty Images

A Yaoundé, était rendu hier, lundi 30 octobre, le verdict du tribunal militaire dans l'affaire Abdoulaye Harissou, notaire à Garoua. Il a été condamné à 3 ans de prison ferme pour non-dénonciation, mais acquitté pour complicité d’outrage au chef de l’Etat. Comme maître Harissou est derrière les barreaux depuis 3 ans, il sera donc bientôt libre.

Maître Harissou est rentré hier, lundi 30 octobre, dans sa cellule de la prison principale de Yaoundé, avec néanmoins l'assurance qu'il en sortira dans les tout prochains jours, si ce n'est, dans les toutes prochaines heures. Condamné effectivement à 3 ans de prison ferme pour non-dénonciation, dans le verdict rendu par le tribunal militaire, il n'en passera en réalité pas davantage derrière les barreaux ayant déjà purgé, depuis le début de sa détention, le même nombre d'années en prison.

Le notaire de Garoua, 64 ans, vêtu d'un grand boubou blanc, était évidemment très heureux de cette issue, d'autant nous a-t-il confié, que beaucoup avaient pronostiqué qu'il payerait très lourd dans cette affaire ou il risquait à l'origine pas moins que la peine de mort. Il faut dire qu'il revient effectivement de loin si l'on en juge par la gravité des chefs d'accusation pour lesquels il était poursuivi à l'origine : « Outrages au président de la République », « hostilités contre la patrie et révolution », « assassinat » et « détention et port illégal d'armes et munitions de guerre ». Ces accusations ont été requalifiées en « non-dénonciation » et « complicité d'outrages au président de la République », faute de preuves.

Me Jacques Mbunny, avocat d'Abdoulaye Harissou
01-11-2017 - Par Polycarpe Essomba

Du côté des autres accusés, Aboubakary Sidiki, un homme d'affaires et chef de parti politique, l'un des principaux accusés, a écopé de la sanction la plus lourde. Le tribunal l'a condamné à 25 ans de prison ferme après l'avoir déclaré coupable des faits d'« hostilités contre la patrie et révolution ». Ses avocats qui ont dénoncé une parodie de justice ont annoncé qu'ils iraient en appel.

Enfin, 3 journalistes, exerçant au moment des faits dans les quotidiens Mutations pour Félix Cyriaque, Ebole Bola et Le Messager pour Rodrigue Ntongue, ainsi que Baba Wame, enseignant dans une école de journalisme a Yaoundé, ont été acquittés de l'accusation de « tentative de complicité d'outrage au Président de la République », pour faits non établis. Une victoire pour la liberté de la presse, ont estimé leurs avocats.