Nigeria: le gouvernement va compenser des victimes de la guerre du Biafra

Un agent de sécurité dans une ruelle vide à Ogbaru le 30 mai 2017 à l'occasion d'une journée ville morte pour commémorer les 50 ans du début de la gurre civile au Biafra, dans le sud-est du Nigeria.
© AFP/Stefan Heunis

Au Nigeria, le gouvernement va consentir à des compensations financières pour les victimes de la guerre du Biafra. Cinquante ans après ce conflit, qui a duré trois ans, fait un million de morts et causé une famine, c'est une manière de panser les plaies.

La Cour de Justice de la Cédéao ordonne au Nigeria de verser 140 millions d'euros aux victimes de la guerre civile du Biafra. Cela concerne près de 500 survivants, selon la Cour.

Abuja s'est de son côté engagé à nettoyer la région : 105 millions de dollars seront consacrés au déminage. Il y aurait, selon certaines organisations locales, plus de 1 317 bombes abandonnées, mais aussi des mines, logées dans des champs.

Cette mesure devrait s'appliquer à 11 Etats du Sud et du Sud-Est et permettre de reconstruire toutes sortes d'édifices : des écoles, des tribunaux, des églises et des mosquées.

Cette mesure intervient dans un contexte assez tendu dans les Etats du Sud-Est, paralysés par un couvre-feu. Une opération militaire est cours et les manifestations entre mouvements séparatistes et forces de sécurité sont assez récurrentes et sources de violences. Pour plusieurs observateurs, cette mesure sonne comme une réponse d'apaisement vis-à-vis des organisations séparatistes.


Le Mouvement des Biafrais au Nigeria (Mobin) reste sceptique

« Nous ne sommes pas du tout satisfaits. Nous n'attendons rien du gouvernement fédéral. Donner des indemnités ne résout pas le problème, a affirmé Rita Anigbogu, la présidente du Mobin. Nous réclamons la souveraineté du Biafra. Nous voulons organiser nos propres élections, former notre propre gouvernement, et sortir du Nigeria. Nous n'avons pas besoin de cet argent. La plupart de nos vétérans sont décédés. A qui le gouvernement va-t-il donc donner des indemnités? Lorsque nos vétérans protestaient dans les rues d'Enugu et qu'ils demandaient du soutien, le gouvernement est resté sourd. Les vétérans demandaient de l'aide pour survivre. Le gouvernement ne les a pas écoutés. Est-ce donc seulement aujourd'hui qu'on les entend, qu'on reconnaît leurs besoins? Et c'est donc maintenant qu'on veut les indemniser?! Je pense que le gouvernement fédéral se trompe. Il n'est pas prêt à faire quelque chose de concret pour les vétérans et pour le Biafra. »