RDC: la journée «ville morte» bien suivie à Bukavu

Mairie de Bukavu, capitale du Sud-Kivu, RDC.
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Après Goma, Kisangani, Beni, c'est au tour de Bukavu de réclamer la tenue des élections en RDC. Ce mercredi est une journée « ville morte » très suivie dans la capitale provinciale du Sud-Kivu. Il faut dire que la société civile et les partis politiques d'opposition ont fait front commun.

Selon des habitants de Bukavu, la plupart des boutiques sont restées fermées ce mercredi, tout comme les banques. Même les administrations semblent tourner au ralenti. Les points clefs de la ville sont sécurisés par la police « pour éviter que la situation ne dégénère comme à Goma lundi », précise une source sécuritaire.

Plusieurs facteurs semblent avoir joué. Pour un activiste des droits de l'homme, il y a déjà sans doute la crainte de troubles après la mort de plusieurs manifestants et d'un policier de l'autre côté du lac à Goma. Mais c'est surtout l'union qui a fait la force.

Si ces journées d'action depuis le début de la semaine sont à l'initiative du collectif d'actions de la société civile qui regroupe les mouvements citoyens et des organisations de défense des droits de l'homme, à Bukavu, sans l'aval de la Coordination de la société civile et surtout le soutien du parti d'opposition UNC de Vital Kamerhe, un tel résultat aurait été difficile à obtenir. Vital Kamerhe, qui a récemment demandé à son délégué de quitter le gouvernement, marque de plus en plus ouvertement son hostilité au glissement électoral et son parti à Bukavu a relayé l'appel à la journée « ville morte ».

Enfin, le mécontentement est très fort au Sud-Kivu concernant la gestion des deniers publics, la multiplication des taxes sans amélioration des infrastructures ou bon fonctionnement des administrations. En tout cas, pour Héritiers de la justice, l'organisation protestante de défense des droits de l'homme, il est important que le gouvernement et la Commission électorale répondent aux aspirations démocratiques de la population et entendent l'appel lancé aujourd'hui depuis Bukavu sous peine de risquer à l'avenir une radicalisation, y compris à Bukavu, ville connue pour son caractère pacifique.