La mort de soldats américains au Niger questionne le déploiement des Etats-Unis

Le congrès américain
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Aux Etats-Unis, la mort de quatre soldats américains des forces spéciales dans une embuscade jihadiste au Niger continue de faire des vagues, cette fois au Congrès. A Washington, des élus expriment leurs réticences face à cette présence militaire américaine en Afrique. Certains parlementaires craignent que les Etats-Unis ne mènent une guerre secrète contre un ennemi en perpétuelle mutation dans une zone que leur pays connaît mal.

Avec notre correspondant à San Francisco,  Eric de Salve

« Les Américains ont été surpris d'apprendre que quatre bérets verts avaient été tués au Niger. La présence en Afrique est beaucoup plus importante que ne le pense le public. » Les propos du sénateur démocrate Tim Cook sur CNN reflètent l'inquiétude de certains élus américains après cette embuscade meurtrière qui met en lumière l'ampleur méconnue de l'engagement militaire des Etats-Unis sur le continent.

Au total, 6 000 hommes sont déployés sur 53 pays alors que le Pentagone annonce que sa guerre contre le terrorisme se déplace de plus en plus vers l'Afrique. « Une région qui n'est pas familière à beaucoup de sénateurs ni beaucoup d’Américains », s'inquiète un autre élu démocrate. Selon des informations fournies par la Maison Blanche au Congrès, ces soldats sont équipés pour le combat dans 19 pays africains.

Officiellement, ces hommes sont en Afrique pour entrainer, conseiller, assister les armées africaines dans leur lutte contre le terrorisme. Un euphémisme selon le républicain Rand Paul, car il s'agit bien selon lui de troupes engagées dans un conflit.

Auditionné ce lundi par la commission des Affaires étrangères du Sénat, dans une séance consacrée à la modernisation de la loi autorisant l'usage de la force armée voté après le 11-Septembre, John Mattis, ministre de la Défense américain, a plusieurs fois été interrogé sur ce point. « Il semble que vous croyez pouvoir aller n'importe où qu'il y ait une guerre ou pas », lui a lancé Rand Paul, « on peut appeler cela entrainer et équiper, mais je soupçonne fort qu'au Niger, il s'agisse de bien plus que cela. »