RDC: quel bilan pour le Collectif d'action de la société civile?

Une femme traverse un boulevard habituellement très fréquenté de Kinshasa, lors d'une «journée morte» organisée le 8 juillet 2017 (photo d'illustration).
© JOHN WESSELS / AFP

En République démocratique du Congo, quel est le bilan pour les quatre journées de mobilisation du Collectif d'action de la société civile ? Le Casc réclame des élections au plus tôt, le départ de Joseph Kabila d'ici à la fin de l'année et à l'alternance à la tête du pays. Le Casc regroupe des mouvements citoyens et des organisations de la société civile. Pas de mobilisation d'ampleur, mais différents types d'actions dans des villes de province : marche, journée ville morte qui a dégénéré en manifestation faisant au moins 4 manifestants et un policier tués. Aucune action n'est prévue ce jeudi 2 novembre. Les activistes attendent les politiques.

« Sans les mouvements citoyens, on ne saurait même pas qu'il y a une répression au Congo », commente un diplomate occidental. Depuis le 19 septembre 2016, l'opposition n'a plus ouvertement appelé à manifester, pas même le 19 décembre, date officielle de la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila.

Il faut dire que toute manifestation hostile au gouvernement est de facto interdite depuis plus d'un an. Et depuis, quelques journées villes mortes, des meetings rapidement avortés en raison du déploiement des forces de sécurité, comme à Lubumbashi le week-end dernier. « On essaie de bousculer les politiques depuis des mois, mais eux, ils ne se bousculent pas, alors on a été obligés de faire sans eux », commente un membre de mouvements citoyens. « Ils nous expliquent qu'ils vont fixer un plan d'action final ce week-end, mais c'est ce qu'ils disaient déjà la dernière fois », poursuit un jeune activiste.

Officiellement, du côté du rassemblement de l'opposition, on sensibilise depuis près de deux mois déjà, mais sans jamais annoncer de date pourtant plusieurs fois fixée pour la première manifestation de 2017. « C'est pour éviter que les autorités ne préparent leur riposte », précise un leader du rassemblement. « Sans date, on mobilise dans le vide », se désespère un autre.

Finalement, au niveau local ou sur l'initiative d'un parti ou d'un autre, des politiques se sont ralliés à des actions des mouvements citoyens ces derniers mois, comme l'Ecide à Goma ou l'UNC à Bukavu ; en attendant une hypothétique annonce du plan d'action que l'on promet à nouveau et au plus tard pour la semaine prochaine.