Bénin: des manifestants exigent le retrait de Safran du processus de recensement

L'entreprise française Safran fournit matériels, logiciels et services pour le Ravip. (Image d'illustration)
© ERIC PIERMONT / AFP

Au Bénin, quelques centaines de personnes ont manifesté vendredi 3 octobre à Cotonou à l'appel du Front pour le sursaut patriotique, qui rassemble une vingtaine de formations politiques et un syndicat. Le Front dénonce la gouvernance du président Talon et le Ravip, le Recensement administratif à vocation d'identification de la population, lancé mercredi et qui attribuera à terme un numéro personnel à chacun. Il accuse le gouvernement de vouloir en faire un fichier électoral à la place de la liste électorale permanente informatisée et demande le retrait du groupe industriel français Safran du processus.

C'est sous le mot d'ordre « Safran dehors » que le cortège démarre. Le groupe Safran fournit matériels, logiciels et services pour le Ravip. Les manifestants se méfient de cette société qui est intervenue ailleurs sur le continent. C'est le cas d'Hervé, chargé de maintenance dans l’informatique.

« On n’a pas du tout confiance en cette société. Cette société française est encore au Bénin, pour nous faire quoi, questionne-t-il. Sincèrement, nous ne sommes pas du tout d’accord », déclare-t-il.

Pour les leaders du Front pour le sursaut patriotique, le Ravip est une nouvelle illustration de la gouvernance Talon. Ils estiment qu'il y a opacité sur le choix de Safran et un flou sur la question du fichier électoral alors que la structure chargée de mettre à jour l'actuelle liste électorale n'est toujours pas installée.

« Que certaines listes du Ravip ne servent pas aux élections parce que sans ça, ils sont en train de s’organiser pour la fraude massive, et je sais que vous ne le permettrez pas », a lancé à la foule Eugène Azatassou, coordonnateur des FCBE, l'ancien parti au pouvoir.

Malgré ces critiques, le Front ne demande pas aux Béninois de boycotter le recensement.