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Liberia

Liberia: le second tour de la présidentielle sera-t-il reporté?

Le Temple de la Justice à Monrovia, où se trouve la Cour suprême du Liberia.
© REUTERS/James Giahyue

La Cour suprême du Liberia décidera lundi si le second tour de l'élection présidentielle se tiendra comme prévu le lendemain, a-t-elle indiqué ce vendredi 3 novembre, après avoir entendu les doléances d'un parti d'opposition et les membres de la Commission électorale nationale (NEC).

Au Liberia, tout indique que le second tour de l'élection présidentielle, qui devait avoir lieu mardi prochain, sera reporté. Selon un porte-parole de la Commission électorale nationale, le scrutin sera « définitivement » remis à plus tard.

La Commission est en attente d'une décision de la Cour suprême, qui a entendu, ce vendredi après-midi, l'affaire qui l'oppose au parti de la Liberté. Ce dernier, qui assure avoir constaté des irrégularités lors du premier tour, a demandé le report du second. Mais ce n'est que lundi matin, la veille du scrutin que les juges se prononceront sur la requête de l’opposition. Ce scrutin devait départager les vainqueurs du premier tour : George Weah, l'ex-footballeur, et Joseph Boakai, le président sortant.

Ce retard pourrait être lourd de conséquences dans la capitale libérienne. Fred van der Kraaij, ancien professeur d'université à Monrovia, auteur de plusieurs livres et articles sur le Liberia, craint de voir éclater des violences dans le pays.

A mon avis, il y a un grand risque de violences parce que les émotions sont très très fortes surtout à Monrovia, dans la province de monferrado. George Weah y a obtenu plus de 50% des voix. S’il y a un report ses supporters seront peut-être déçus parce que les supporters de Weah ont déjà cru qu’ils avaient gagné les élections. Et on va voir comment la rue va réagir. Je crains fort que les émotions seront trop fortes. [L’épuration de la Commission électorale demandée par le parti de l’Unité du vice-président Joseph Boakai, NDLR] veut dire remplacer les membres actuels de la Commission électorale par d’autres personnes, ce qui est un peu bizarre parce que la Commission électorale nationale a été formée par madame la présidente Sirleaf.
Pour l'analyste Fred van der Kraaij, «il y a un grand risque de violences»
03-11-2017 - Par Michel Arseneault

La commission électorale avait déjà annoncé, mercredi 1er novembre, qu’elle suspendait toutes les « activités » relatives au second tour – sans aller jusqu’à annoncer un report.

Pour elle, le sujet est délicat. D’abord, parce que ce sont les juges de la Cour suprême et non les commissaires, qui doivent se prononcer sur un éventuel renvoi, et ce n’est que lundi matin que les magistrats donneront tort ou raison au parti de la Liberté de Charles Brumskine, arrivé troisième au premier tour.

Mais le sujet est délicat pour d’autres raisons encore. Certains hommes politiques et analystes craignent la réaction de la rue, surtout à Monrovia, lorsque ce retard sera officialisé. La capitale libérienne est le fief de la Coalition pour le changement démocratique de George Weah. Certains de ses supporters ont le sentiment que l’ex-footballeur a déjà gagné. Il a remporté plus de 50% des voix dans la capitale et les environs. Les plus impatients pourraient être tentés de descendre dans la rue.

 

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