Les industries extractives du Niger suspendues par l'ITIE

Des camions transportent de la roche contenant de l'uranium, le 23 février 2005 sur le site de la mine d'uranium à ciel ouvert de Arlit au Niger. (Image d'illustration)
© AFP/Pierre Verdy

Mauvaise nouvelle pour le Niger, le pays a été suspendu de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, l’ITIE. Il n’est ainsi pas parvenu à décrocher la norme 2016, une norme internationale pour la transparence et la responsabilité entourant les ressources pétrolières, gazières et minérales. Un manque de transparence sur certaines données et les arrestations de ces derniers mois de plusieurs représentants de la société civile qui s’intéressaient à ces dossiers seraient en cause.

L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives a certes loué les progrès réalisés par le Niger, et ce dans des circonstances difficiles, mais il n’en reste pas moins que ces progrès ont été jugés insuffisants par la norme internationale et ce sur 14 points précis.

« La norme demande de la transparence sur beaucoup de sujets, sur comment les licences ont été octroyées, sur comment elles sont gérées, c’est-à-dire le cadastre, et malheureusement le Niger n’a pas fait de progrès suffisants à ce niveau, explique Bady Baldé, le directeur régional de l’ITIE pour les pays francophones. Sur la transparence des contrats, là aussi, l’organisation a constaté que l’accessibilité à ces contrats n’est toujours pas effectives aux citoyens ».

L’ITIE reproche également au Niger de ne pas permettre à la société civile de s’exprimer librement sur le sujet. Elle pointe ainsi du doigt les arrestations de plusieurs de ces représentants ces derniers mois.

« Le conseil d’administration a également conclu que l’espace pour la société civile doit être de nature à permettre des revendications, des mouvements de contestation, des saisies de justice en cas de constatation de mauvaise gouvernance, sans représailles, ni de répercussions de quelque nature que ce soit », poursuit Bady Baldé.

Le pays est désormais suspendu de l’ITIE pour un an et demi. Une décision que les autorités du pays n’ont pas souhaité commenter. C’est là un nouveau coup dur pour le secteur extractif nigérien après le vaste plan social annoncé par Areva en octobre dernier.