Citoyennetés économiques aux Comores: l'ex-président Sambi entendu

Ahmed Abdallah Sambi, à Moroni, le 13 avril 2010.
© Photo: AFP/ Tony Karumba

L’ancien président des Comores, Ahmed Abdallah Sambi, a été auditionné mardi à l’Assemblée nationale par la commission parlementaire qui enquête sur les citoyennetés économiques. Le commerce de la citoyenneté comorienne avait commencé en 2009 sous son régime avec un intitulé séduisant : « programme de citoyenneté économique ». Un programme censé favoriser l’investissement des pays du Golfe qui aurait rapporté près de 60 millions d’euros en vente de passeports mais aucun partenariat économique.

L’audition d’Ahmed Abdallah Sambi était attendue depuis la création de cette commission parlementaire en juin dernier. Après avoir été convoqué, l’ancien président a demandé à être entendu publiquement « afin que la population comorienne sache la vérité et que ses propos ne puissent pas être déformés. »

Une posture faussement paranoïaque pour faire un coup de communication, répondent ses détracteurs. La commission chargée d’enquêter sur le nombre exact de nationalités vendues et sur la redistribution de ses recettes qui avoisinent les 60 millions d’euros a déjà également entendu un ancien vice-président et l’actuel chef d’Etat à huis clos.

Pourquoi faire une différence avec celui qui gouvernait le pays durant ses transactions ? Néanmoins c’est un fait, la tension commence à monter dans cette affaire. Le véhicule du vice-président de l’Assemblée nationale a été brûlé dimanche soir à son domicile. L’enquête judiciaire en cours dira si cet incendie est à relier avec l’enquête parlementaire sur la citoyenneté économique.

La commission de députés, sur laquelle pèsent toutes les pressions, garantit cependant de délivrer son rapport le mois prochain.