Côte d'Ivoire: la répression de la marche des femmes d'Abobo devant la CPI

Siège de la Cour Pénale Internationale à La Haye.
© Wikipédia

Les procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé se poursuivent devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, aux Pays-Bas. Pour son deuxième jour d'audience, l'ex-commandant de l'armée de terre ivoirienne, le général Firmin Detho Letho a été amené à donner des éclairages sur la « marche des femmes » d'Abobo, au nord d'Abidjan, durement réprimée par les Forces de défense et de sécurité, le 3 mars 2011, lors de la crise post-électorale.

Devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, en Côte d'Ivoire, le général Firmin Detho Letho est formel : « Je n'étais pas au courant de la tenue de cette marche » des femmes à Abobo, dans le nord d'Abidjan, le 3 mars 2011.

Cet ancien responsable militaire évoque cet événement avec beaucoup de détachement. Son supérieur, Philippe Mangou, l'ex-chef d'état-major des armées de l'ex-président ivoirien, l'aurait informé par téléphone. Puis le sujet a été évoqué au cours d'une réunion quotidienne.

Enquête interne

« Lors de la réunion de l'après-midi, le chef CPCO [Centre de planification et de coordination des opérations] a fait le point sur la situation, raconte-t-il. C'est au cours de cette réunion que nous avions été informé que des militaires auraient réprimé cette marche. Il y aurait eu six ou sept morts. Le soir à la télévision, nous avons vu les femmes au sol, entendu des tirs, c'était la débandade ».

Qui était donc responsable de l'encadrement de cette marche ? Firmin Detho Letho ne cite pas de nom. « Personne n'était sur le terrain. Nos hommes étaient tous dans le camp d'Abobo. Aucun ne pouvait se trouver en dehors. On ne pouvait plus faire de patrouilles ».

Ce témoin indique qu'une enquête interne avait été diligentée par le général Philippe Mangou, qui selon selon ses mots, « a déploré qu'il y ait eu mort d'homme ».

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