Sénégal: au Grand Magal de Touba, les Mourides ont célébré leur père fondateur

Entre deux millions et trois millions de fidèles sont réunis ce 8 novembre à Touba, au Sénégal, pour le Grand Magal.
© Guilaume Thibault/RFI

Au Sénégal, le Grand Magal de Touba s'est terminé cette nuit. Les fidèles mourides sont venus prier jusqu'au petit matin devant le mausolée du fondateur de cette puissante confrérie Cheikh Ahmadou Bamba. En 1895, arrêté par les colons français, le chef de Mourides était envoyé en exil au Gabon, le Magal commémore chaque année ce départ forcé. Une célébration religieuse, mais également très populaire où il est important de partager.

On vient de loin pour participer au Grand Magal, pour prier pour Cheikh Ahmadou Bamba, de toute la sous-région, des Etats-Unis ou encore comme Babacar, de France : « Je pense qu’aujourd’hui, on est à un moment où il est très important de s’intéresser à Cheikh Ahmadou Bamba, car il a réussi à transcender un islam de paix ».

A Touba, Amat fait figure de doyen. Son plaisir, raconter l'histoire de Cheikh Ahmadou Bamba aux plus jeunes, rappeler l'engagement, le refus du colon français, l'honneur du père des Mourides : « On ne récolte que ce que l’on a semé. Si vous récoltez du bien, vous semez du bien. Si vous récoltez du mal, vous semez le mal ».

Des millions de visiteurs

Pour le Magal, Touba reçoit des millions de personnes. La fête bat son plein. Un bémol dans cet esprit de partage. La ville se transforme en poubelle, estime Modou Fall, le président de Sénégal propre : « Il n’y a pas de toilettes publiques, il n’y a pas de poubelles dans les rues, les gens jettent n’importe où. Il fallait que l’Etat réfléchisse. A l’heure du Magal, vraiment, c’est catastrophique ».

Alors que le Magal se termine ce jeudi matin avec la cérémonie officielle, ces problèmes de respect d'environnement, prôné à l'époque par Cheikh Ahmadou Bamba, seront peut-être au menu des discussions.

Venue prier avec ses trois soeurs, Mame, 29 ans, sent l'émotion grandir devant le mausolée de cheikh Amadou Bamba. Le père du Mouridisme revendiquait l'égalité, le respect.
Reportage: les femmes de Touba, véritables maitresses de cérémonie de ce Magal
09-11-2017 - Par Guillaume Thibault