Le processus électoral reste dans l’impasse au Liberia

La Cour suprême du Liberia. Au centre, l'ancienne présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf.
© Supreme Court of Liberia

La Cour suprême a suspendu le processus électoral au début de la semaine, et ordonné à la commission électorale d'examiner un recours de l’opposition. La décision des juges a entraîné le report du second tour qui devait avoir lieu mardi.

Il faudra attendre encore plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avant de connaître l’issue de cet imbroglio juridique. Qui pourrait se transformer en un imbroglio constitutionnel si la procédure s’éternise puisque le mandat de la présidente, Ellen Johnson-Sirleaf, se termine le 15 janvier prochain.

Pour le politologue William Reno, de l’université Northwestern, le véritable enjeu est moins juridique que politique : «  Le processus institutionnel n’est pas sans importance, mais dans un pays comme le Liberia, il faut plutôt regarder du côté des acteurs impliqués. Ce qui est en cours, à mon avis, c’est une renégociation du pouvoir au sein de la classe dirigeante, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose. C’est peut-être même la façon la plus pragmatique de préserver la stabilité politique du Liberia.

Il s’agit pour les élites de protéger leur position privilégiée, mais aussi de tourner définitivement la page après la guerre civile. Pendant la guerre, si vous vouliez jouer un rôle politique, il fallait être prêt à se salir les mains. Ces gens-là ont tous des squelettes dans le placard. Un populiste comme George Weah, à plus forte raison parce qu’il est jeune, pourrait se servir de ça contre les gens qui se sont sali les mains. En clair, beaucoup de gens ont besoin, en ce moment, d’être rassurés. »