Présidentielle au Kenya: l’opposant Raïla Odinga s’en prend aux pays occidentaux

Le leader de l'opposition, Raila Odinga, en meeting à Nairobi, le 18 octobre 2017.
© REUTERS/Baz Ratner

L’opposant kényan Raïla Odinga est en colère contre les pays occidentaux. Et il l’a fait savoir de passage à Washington où il a critiqué leur rôle lors des dernières élections dans son pays. Un scrutin à rebondissements, avec une première élection annulée et une seconde boycottée par l'opposition aboutissant à la victoire du président sortant Uhurua Kenyatta avec plus de 98% des voix. Raïla Odinga reproche aux diplomates d'avoir annoncé que la Commission électorale pouvait organiser un scrutin crédible alors que le président de cette même commission avait dit le contraire.

Qu’ont fait les diplomates occidentaux en poste à Nairobi à l’approche du second tour de l’élection présidentielle prévu le 27 octobre ? On est alors à quelques jours du vote et la Commission électorale assure que tout est prêt. Sauf que son président émet des doutes sur la crédibilité du scrutin.

Vingt diplomates étrangers organisent alors une conférence de presse. Ces Occidentaux – on parle des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France, notamment – annoncent que la Commission peut « bien organiser un scrutin crédible ». C’est du moins le compte-rendu qu’en a fait Raïla Odinga, jeudi, à Washington, devant un parterre de chercheurs réuni dans un centre d'études stratégiques.

Sauf que l’intervention des diplomates peut difficilement être résumée ainsi. Les Occidentaux ont, en fait, invité la Commission électorale, en cas de difficultés, à se tourner vers la Cour suprême. RFI, qui assistait à leur conférence de presse, rapporte même que le second tour inspire aux ambassadeurs de « sérieuses inquiétudes ».

Pourtant, Raïla Odinga soutient aujourd'hui que les ambassadeurs « ont parfois contribué au problème », tout comme les observateurs internationaux dont, dit-il, « les Africains peuvent se passer ». « Le Kenya fonce vers une dictature », selon l'opposant, qui se demande pourquoi les démocraties occidentales « ne s'en émeuvent pas ».