Cameroun: quatre bombes artisanales explosent en zone anglophone

Bamenda, capitale de la région du Nord-Ouest, est sous couvre-feu de 22h à 5h du matin jusqu'au 23 novembre.
© Reinnier KAZE / AFP

Quatre bombes artisanales ont explosé dans la nuit du 12 au 13 novembre à Bamenda, la capitale régionale du nord-ouest du Cameroun, sans faire de victime.

L'une des bombes a explosé peu après 21h à proximité du groupement mobile d'intervention (GMI), une unité de police souvent prise pour cible ces dernières semaines. Selon des témoins, c'est la quatrième fois qu'un engin explosif de ce type est actionné aux alentours de cette unité qui concentre le plus gros contingent de policiers dans la région.

Les trois autres explosions sont intervenues à intervalle régulier entre 3h et 4h du matin sur une avenue commerciale. Ces différentes explosions n'ont pas fait de victime.

D'après une source policière, ces bombes artisanales sont fabriquées à base de tubes d'extincteurs et sont activées à distance à partir de téléphones portables. Mais les auteurs des attaques qui ensanglantent la région depuis plusieurs semaines ont des modes opératoires variés, remarque cette même source. Les assaillants ont déjà employé des armes de guerre de type kalachnikov, des fusils de chasse, des armes blanches. Ils ont aussi plusieurs fois incendié des établissements scolaires, publics comme privés.

La semaine dernière, quatre éléments des forces de maintien de l'ordre – trois gendarmes et un militaire – ont été tués dans les provinces du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Face à ce regain de violences, un couvre-feu a été décrété à Bamenda de 22h à 5h du matin jusqu'au 23 novembre prochain.

Le gouvernement attribue ces attaques aux sécessionnistes anglophones regroupés au sein d'une organisation clandestine, la Southern Cameroons Ambazonia Consortium United Front (SCACUF), et dont les principaux membres sont en exil. Des accusations que dément le leader de cette organisation, Sisiku Ayuk Tabe sur son compte Twitter. Il a également condamné ces assassinats, précisant que les auteurs de ces crimes étaient inconnus du mouvement.

La zone anglophone connaît un regain de tension depuis le 1er octobre dernier, date de la proclamation symbolique de l'indépendance du Cameroun anglophone par des sécessionistes que Yaoundé qualifie de terroristes et sur lesquels pèsent des mandats d'arrêt internationaux.