Présidentielle au Somaliland: la reconnaissance de l’Etat priorité des populations

Des femmes font la queue pour voter lors de la présidentielle au Somaliland, le 13 novembre 2017.
© RFI/Sébastien Nemeth

C’est un pays qui n’existe pas aux yeux du monde. Le Somaliland, un territoire un petit peu plus grand que la Grèce, situé dans le nord de la Somalie, a autoproclamé son indépendance en 1991 et met en avant sa stabilité. Ce lundi, près 700 000 personnes sont appelées aux urnes pour la présidentielle. Deux grandes priorités pour ces électeurs, la reconnaissance internationale et l’emploi aussi.

Le chômage des jeunes est un fléau au Somaliland. En 2012, selon la Banque mondiale, 75% des moins de 25 ans étaient sans emploi. Certes, le pays a réussi à avancer, quasiment seul. Il s’est développé, a construit des infrastructures, un système politique, administratif, mais les pôles économiques du pays ne sont pas très nombreux. C’est principalement l’exportation de bétail et le port de Berbera.

Selon les autorités, le Somaliland a besoin de se développer, de se diversifier, mais tout cela est freiné par l’absence de reconnaissance internationale, qui est l’autre grande attente des électeurs. Le ministre des Affaires étrangères explique que sans une indépendance reconnue par tous, le Somaliland ne peut pas obtenir de crédit des banques internationales.

Le statu quo sur la reconnaissance

C’est aussi beaucoup plus dur pour attirer les investisseurs étrangers. Le pays ne reçoit pas d’aide bilatérale non plus, elle se fait par des tiers ; ONG et agences onusiennes. Mais la reconnaissance, c’est une question extrêmement sensible, très politique. La communauté internationale est très frileuse, car elle a peur que ça donne des idées aux populations somalies situées dans d’autres pays : Ethiopie et Kenya notamment. Cela risque aussi de déstabiliser la Somalie, dont le système fédéral est déjà très fragile, au Sud.

Légalement, la reconnaissance de l’Etat Somaliland doit passer par l’Union africaine. Or, Hargeisa n’a pas le soutien de ses voisins africains, notamment les grandes puissances que sont l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Ethiopie, le Kenya. Donc, le Somaliland est pour l’instant condamné au statu quo.

J’attends du nouveau président qu’il nous apporte la paix et la prospérité. Nous sommes un pays en développement et nous devons avancer. Bien sûr la reconnaissance internationale, c’est important car si on ne vous reconnaît pas comme un être humain, c’est un problème. Tout le monde veut être considéré comme ce qu’il est.
Paroles d'électeurs en Somaliland
13-11-2017 - Par Sébastien Nemeth

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