Zimbabwe: l'armée met en garde et réclame la «fin» de la purge

Le général Constantino Chiwenga commandant Forces de défense (ZDF) au centre droite et à sa gauche le lieutenant-général Valerio Sibanda commandant de l'armée nationale du Zimbabwe (ZNA), lors d'une conférence de presse à Harare, le 13 novembre 2017.
© Jekesai NJIKIZANA / AFP

Le chef de l’armée zimbabwéenne a dénoncé l'éviction du vice-président du pays Emmerson Mnangagwa, la semaine dernière. Ce dernier a été démis de ses fonctions, puis expulsé du parti au pouvoir, la Zanu-PF, après un bras de fer avec l’épouse du chef de l’Etat. Un limogeage vu comme ouvrant la voie aux ambitions présidentielles de Grace Mugabe.

Il s’agit d’un véritable avertissement. Lors d’une conférence de presse à Harare, le général Constantin Chiwenga a réclamé la « fin » de ce qu'il a qualifié de purge au sein du parti présidentiel, avertissant que l'armée pourrait « intervenir ».

Le limogeage soudain d’Emmerson Mnangagwa – longtemps pressenti comme un possible dauphin du président Robert Mugabe –  n’a pas plu. Considéré comme un vétéran de la lutte pour l’indépendance, il a le soutien d’une partie de l’armée.

Un limogeage d’autant plus mal accepté, que depuis, plusieurs de ses alliés au sein du parti au pouvoir ont également été mis sur les rangs.

Le général Chiwenga a mis en garde « ceux derrière ces dangereuses manigances que lorsqu'il s'agit de protéger notre révolution, l'armée n'hésitera à intervenir ».

Environ 90 hauts responsables de l'armée ont assisté à cette conférence de presse, dont le chef de l’armée et le commandant des forces aériennes.

Une déclaration particulièrement forte et rare qui sert d’avertissement à Grace Mubage, l’épouse du chef de l’Etat.