RCA: l’ONU lance une enquête indépendante pour évaluer la Minusca

Un véhicule de la Minusca en patrouille dans la ville de Bambari (en août 2014).
© UN Photo/Catianne Tijerina

C'est un exercice plutôt rare auquel va être confrontée la Mission de l'ONU en Centrafrique. A la veille du renouvellement de son mandat et au lendemain d'une visite d'Antonio Guterres dans le pays, le département des opérations de maintien de la paix a décidé de nommer des enquêteurs indépendants pour étudier de possibles défaillances dans la réponse des casques bleus à une vague d'attaques contre des civils. La Minusca, comme d'autres missions de maintien de la paix onusienne, est régulièrement accusée de ne pas faire suffisamment pour protéger la population.

Une enquête spéciale indépendante, c'est une prérogative du secrétariat général de l'ONU et de son département des Opérations de maintien de la paix. L'objectif affiché, selon le communiqué de l'ONU, c'est d'évaluer la performance de la mission onusienne dans la protection des civils et de faire des recommandations pour « combler les lacunes le cas échéant ». Le tout dans cette perspective de renouvellement du mandat de la Minusca.

Le Conseil de sécurité devrait, cette semaine, décider ou non de modifier ce mandat et surtout d'augmenter de 900 casques bleus les effectifs de la Mission. Les Etats-Unis, plutôt enclins à limiter leur contribution, se sont dits prêts à accepter cet appui supplémentaire, mais à condition que cela ait un réel impact sur le terrain. D'où sans doute cette très courte mission d'enquête qui devrait durer jusqu'au 28 novembre et faire l'objet d'un rapport public.

Les enquêteurs, dont le Béninois Fernand Marcel Amoussou, général béninois à la retraite qui avait dirigé la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire, devront se pencher sur toutes les attaques de groupes armés contre les civils qui sont intervenus près de bases onusiennes entre le 1er mai et le 31 août 2017. Des incidents à répétition qui sont surtout intervenus dans les préfectures de la haute et basse Kotto, Mbomou et Haut-Mbomou, selon ce communiqué.