Zimbabwe: le chef des armées accusé de «conduite relevant de la trahison»

Le président zimbabwéen Robert Mugabe en discussion avec le général Constantino Chiwenga à Harare, en juillet 2008.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

Au Zimbabwe, la Zanu-PF, le parti au pouvoir, a accusé mardi 14 novembre le chef des armées de « conduite relevant de la trahison » après sa conférence de presse de lundi. Celui-ci avait menacé Robert Mugabe « d'intervenir », s’il ne mettait pas « fin » à la « purge » en cours au sein du parti présidentiel. Après ces déclarations particulièrement fortes et rares, la journée de mardi a été émaillée par des tensions et des rumeurs en tous genres.

Dans un communiqué publié mardi soir, la Zanu-PF, le parti présidentiel, a fermement condamné les menaces proférées la veille par le chef des armées, le général Constantino Chiwenga, lundi.

Le parti présidentiel dénonce des déclarations « destinées à perturber la paix et la stabilité nationale », qui démontrent « une conduite relevant de la trahison » et qui visent clairement à « encourager au soulèvement ».

De fait, les rumeurs les plus folles ont circulé toute la journée de mardi sur les réseaux sociaux et jusque dans certains médias.

Plusieurs témoins locaux cités par la presse ont notamment dit avoir vu des véhicules blindés se diriger vers Harare, allant jusqu'à suggérer l'imminence d'un coup d'Etat, sans que ces informations ne soient jamais confirmées.

Un char stationné aux abords d'Harare, le 14 novembre 2017. © REUTERS/Philimon Bulawayo

Il n'empêche que la situation est tendue au Zimbabwe depuis l'éviction du vice-président Emmerson Mnangagwa la semaine dernière.

Quatre-vingt-dix des plus hauts gradés du pays étaient présents lundi lors de la conférence de presse du chef des armées pour appuyer l'avertissement lancé au président et à son épouse Grace Mugabe.