A Paris, la Guinée lève des fonds pour financer son développement

Les participants du groupe consultatif de la Guinée réunis ce jeudi 17 et 18 novembre 2017 à Paris.
© © Sébastien Gracco de Lay

Plus de 300 investisseurs publics et privés sont réunis à Paris jeudi et vendredi pour aider la Guinée à financer son plan de développement national. La Guinée a besoin de 13 milliards de dollars ces trois prochaines années pour financer ses grands travaux et rendre le pays plus attractif. D'ores et déjà, les bailleurs de fonds internationaux ont mis sur la table près de 5,5 milliards de dollars, et la France va contribuer à hauteur de 600 millions de dollars.

« Pour attirer des mouches, il faut du miel » : voilà en substance la philosophie d'Alpha Condé, venu à Paris convaincre les investisseurs de financer le Programme national de développement économique et social guinéen.

Un plan qui comporte une cinquantaine de projets structurants dans les infrastructures routières et portuaires, l'énergie, l'éducation, mais aussi la bonne gouvernance et le social. Le miel, c'est à la fois l'énorme potentiel minier et agricole de la Guinée, 6 millions d'hectares de terres arables non exploitées, mais c'est aussi un cadre législatif rénové qui met en avant la lutte contre la corruption et l'efficacité administrative, les deux points noirs de la Guinée.

Conakry ne tend pas la main à la communauté internationale, elle propose une vitrine, explique Alpha Condé : « Evidemment, il ne s'agit pas que des pays nous fassent des promesses comme 100 milliards de dollars d'investissement tous les ans, comme a dit le président Macron il faut maintenant passer à l'action, concrétiser, et que les promesses soient tenues. Mais, comme a dit aussi un autre, nous ne venons pas en mendiant, nous voulons plus d'investissements que d'aides, d'où l'importance de ces entreprises privées, nous ne sommes pas des mendiants, ce que nous voulons, c'est qu'on ait la possibilité de transformer nos richesses pour développer l'Afrique. »

Dès l'ouverture du forum de Paris, les annonces de prêts et de dons se sont multipliées. La France, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et son homologue islamique ont déjà mis au panier l'équivalent de 4,5 milliards de dollars. La Guinée a choisi de planifier son développement. Et il y a urgence, car si les indicateurs macroéconomiques sont bons, avec une croissance de 6,7% attendue cette année, le chômage et la pauvreté frappent toujours des millions de Guinéens.

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