Zimbabwe: l'étau se resserre autour de Robert Mugabe

Des manifestants brandissent une pancarte «Mugabe doit partir» dans les rues d'Harare le 18 novembre 2017.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

Au Zimbabwe, le comité central de la ZANU-PF, le parti de Robert Mugabe, doit se réunir ce dimanche 19 novembre au matin à Harare. Après consultation des cellules provinciales, la plus haute instance du parti au pouvoir devrait décider de limoger Robert Mugabe. L'étau se resserre donc sur l'indélogeable président qui n'aura bientôt plus guère d'issues possibles politiquement.

A défaut de le faire partir, la ZANU-PF sape l'autorité de Robert Mugabe. Il y a d’abord le symbole. En lui retirant ses responsabilités au sein du parti, la ZANU-PF impose au leader historique une sortie sans panache. Dès lors, politiquement, à partir du moment où Robert Mugabe n'est plus membre de la ZANU-PF, les députés n'ont plus à suivre ses mots d'ordre lors des votes aux assemblées. Un président seul, sans majorité parlementaire, un scénario qui mène tout droit vers l'impasse politique.

En outre, selon la Constitution les députés ont la possibilité de lancer une procédure « d'impeachment », c'est à dire de destitution. Il faut les deux tiers du Parlement pour démettre un président de ses fonctions, or la ZANU-PF est très largement majoritaire.

La ZANU-PF est majoritaire au Parlement, or il faut les deux tiers du Parlement pour destituer le président, et c'est exactement ce qui va se passer.
Temba Mliswa, député au Parlement zimbabwéen
19-11-2017 - Par Gaëlle Laleix

D'après des membres du parti, les députés pourraient invoquer la « mauvaise conduite » du président pour justifier cette destitution. Robert Mugabe prendrait alors le risque de devoir répondre de ses actions devant la justice.

Une extrémité que souhaitent éviter plusieurs membres de la ZANU-PF qui préféreraient voir leur héros de l'indépendance sortir tête haute, en démissionnant.


L'opposition se dit prête à participer à la transition démocratique

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi dans les rues d'Harare avec pour mot d'ordre le départ du président Mugabe. Cette manifestation historique a rassemblé des Zimbabwéens très divers : ministres, proches du parti au pouvoir, ainsi que des membres de l'opposition.

Le MDC, le Mouvement pour le changement démocratique, principale formation d'opposition se dit prêt, à participer à la transition démocratique. Même s'il n'est pas à la manoeuvre et ne participe pas aux négociations entre l'armée et le président Mugabe, le MDC affirme avoir été approché dès jeudi 16 novembre par la ZANU-PF pour appuyer son action. Seul, le parti au pouvoir n'aurait pas assez de légitimité, d'où l'invitation faite au MDC de se joindre au cortège samedi, selon Douglas Mwonzara, secrétaire général du MDC.

Reste à construire la suite. Une fois le président démissionné ou déchu, un gouvernement d'unité nationale pourrait être mis en place. Le vice-président, Emmerson Mnangagwa, est pressenti pour en prendre la tête. Un scénario que ne rejette pas le MDC qui tient cependant à certaines conditions. « S'il s'agit de monsieur Munangagwa, oui, nous travaillerons avec lui lors de la transition, car c'est ce que veut la loi. Mais ce gouvernement ne doit pas être factice. Il faut un gouvernement qui s'attaque directement à la pauvreté et à la crise économique, et surtout qui prépare des élections libres et honnêtes », a expliqué Douglas Mwonzara.

Quant au leader qui mènerait l'opposition dans cette transition, Douglas Mwonza ne laisse aucune place au doute : ce sera Morgan Tsvangirai, dont la santé n'inquiète pas les membre du MDC.

 

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