Centrafrique: MSF quitte Bangassou après un braquage à main armée

Des musulmans réfugiés dans un camp près de la mosquée de Bangassou en RCA, le 14 août 2017.
© Alexis HUGUET / AFP

Médecins sans frontières a décidé mardi soir 21 novembre de suspendre ses activités jusqu'à nouvel ordre à Bangassou, dans le sud-est de la RCA. C’est la conséquence du braquage de sa base par des hommes armés lundi dernier. L'ONG a évacué ses personnels locaux et internationaux.

« Suite à un violent braquage à main armée la nuit du 20 novembre, l'organisation internationale humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a évacué ses 58 personnels centrafricains et internationaux de Bangassou, cessant de fait toutes ses activités dans cette ville du sud-est », selon un communiqué daté du 22 novembre.

MSF appuie l'hôpital régional ainsi que trois centres de santé autour de Bangassou, une clinique mobile chez les déplacés du Petit séminaire et une assistance aux réfugiés qui ont fui de l'autre côté de la frontière en RDC. L'ONG déplore devoir laisser 30 enfants de moins de cinq ans hospitalisés ainsi que 26 patients du service chirurgie sans soins.

Une catastrophe donc pour les 25 000 habitants de Bangassou et les dizaines de milliers de personnes qui vivent aux alentours, qui dépendent de ses structures, et qui se retrouvent sans possibilité d'accès aux soins. Seuls la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) et quelques missionnaires restent dans cette ville du sud-est du pays.

Cela a été une décision difficile à prendre, mais nous ne pouvons pas mettre en danger la vie de nos personnels plus que nous l'avons fait ces derniers six mois.
Fréderic Lai Mamantsoa, chef de mission pour MSF en RCA
23-11-2017 - Par Pierre Pinto