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Nigeria

Nigeria: plus de 50 morts dans des violences intercommunautaires

Au Nigeria, des agriculteurs bachamas s'en seraient pris à des villages d'éleveurs peuls.
© Godong/UIG via Getty Images

Au Nigeria, ce sont principalement des femmes et des enfants qui ont été tués, lundi 20 novembre, dans des affrontements intercommunautaires dans le nord-est. Des violences qui se sont déroulées dans l'Etat de l'Adamawa et qui ont fait au moins 30 morts, selon la police, qui explique que des agriculteurs bachamas s'en seraient pris à des villages d'éleveurs peuls. Sur place, des associations évoquent un bilan encore plus lourd. De source peule, ce sont 53 personnes, dont 50 femmes et enfants, qui ont été tuées dans quatre villages d'éleveurs de l'Adamawa.

Selon l'imam de la mosquée centrale du district de Numan, Aminu Yakub, ce sont 47 corps qui ont été transférés à la morgue avant d'être enterrés. Ce sont surtout des femmes et des enfants qui ont été tués, dont des bébés de quelques mois.

La plupart des hommes étaient absents. Les uns parce qu’ils avaient emmené leurs troupeaux paître en brousse, les autres parce qu’ils vendaient leur bétail au marché d'une localité proche.

Une enquête a été ouverte pour comprendre ce qui s’est passé exactement, lundi, dans ces quatre villages peuls de la région de Numan. On sait qu'elle est régulièrement le théâtre d'affrontements entre agriculteurs et éleveurs sur fond de rivalités pour l'accès à l'eau et à la terre.

Sur les réseaux sociaux, les commentateurs, dont des professeurs de droit, déplorent l'incapacité de la police à faire respecter la loi dans une région que d'aucuns comparent au Far West.

Mais ils pointent aussi la responsabilité de citoyens résignés qui se sont accoutumés à ces violences opposant éleveurs et cultivateurs, nomades et sédentaires, musulmans et chrétiens.

Muhammad Jibrilla a annoncé, sur son compte Twitter, que la police avait procédé à des arrestations, sans apporter de précisions. Les autorités de l'Etat disent avoir l’intention d’augmenter la sécurité dans la région. Pour Ahmed Sajo, commissaire à l’information, il s’agira de renforcer la présence policière dans les zones à risques : les points d’eau, les zones de pâturages et les abords des cours d’eau.

Les affrontements entre éleveurs et cultivateurs sont fréquents dans cette région ou pullulent les groupes d'autodéfense. Abubakar Girei, un porte-parole de Macban, une association nationale d'éleveurs, déplore le peu d'empressement des autorités à régler ce problème.

En règle générale, les policiers se rendent dans les villages après des affrontements, mais ils ne restent pas sur place pour protéger les éleveurs peuls ou les cultivateurs bachamas. C’est ça le problème. Les policiers restent dans leurs commissariats ou sur les barrages routiers. Evidemment, ils ne peuvent pas être partout. Mais ce qui inquiète les citoyens, c’est de voir que personne n’est jamais arrêté. C’est la question que tout le monde se pose. Nous voulons que les autorités assument leurs responsabilités. Après une attaque, qu’elle ait été commise par des éleveurs ou par des cultivateurs, des peuls ou des bachamas, il faut des enquêtes, des arrestations. C’est la seule façon de rétablir la loi et l’ordre.

Abubakar Girei, porte-parole de l'association nationale d'éleveurs Macban, à Yola déplore le peu d'empressement des autorités à règle ce problème
23-11-2017 - Par Michel Arseneault

 

 

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