Tchad: l’ancien maire de Moundou, Laoukein Médard, maintenu en prison

Soldats tchadiens devant le tribunal de Ndjamena (image d’archive 2007).
© Thomas SAMSON/Gamma-Rapho via Getty Images

Au Tchad, Laoukein Médard est toujours maintenu en prison malgré la libération d'office ordonnée par le juge. L’ancien maire de Moundou, ancien candidat également à la présidentielle de 2016, est aux arrêts depuis le mois de juillet. Il était poursuivi pour détournement, un chef d’accusation requalifié en abus d’autorité. Mais ce jeudi matin, c’est sur la forme que les avocats ont attaqué.

A l’ouverture des débats, ce jeudi 23 novembre 2017, dans une salle d’audience où les entrées ont été filtrées, les avocats de Laoukein Médard ont soulevé des exceptions de nullité.

Notamment les dispositions du code de procédure qui qualifient de détention abusive le fait de laisser un détenu sans jugement pendant plus de quatre mois.

Le juge a alors acquiescé et ordonné la mise en liberté d’office de l’ancien maire, initialement poursuivi pour détournement de deniers publics. Mais un expert-comptable commis par le tribunal, après audit des comptes de la mairie, l’a blanchi.

La justice retiendra finalement l’abus d’autorité contre l’homme politique. Pendant ce temps, les grèves qui ont paralysé l’appareil judiciaire ont retardé la tenue du procès.

Ce jeudi, en fin de matinée, c’est escorté de nombreux militants et sous les klaxons de motos-cyclistes, que Laoukein Médard est reparti du tribunal accomplir les formalités de son départ à la maison d’arrêt de Belaba, non loin de Moundou. C'est à ce moment-là qu'il réalise que le procureur refuse de signer l'acte de libération, comme demandé par le juge.