Burkina Faso: appel au calme avant la visite du président français

Le président français, Emmanuel Macron, effectue, de lundi au jeudi 30 novembre, sa première tournée en Afrique – Burkina Faso, Côte d’Ivoire et Ghana.
© REUTERS/Ronan Lietar

Au Burkina Faso, plusieurs organisations de la société civile burkinabè avaient appelé à manifester sur le trajet du président français, Emmanuel Macron, qui se rendra à Ouagadougou lundi 27 novembre. Il s'agissait, pour elles, de manifester contre le « pillage » des ressources naturelles par les multinationales présentées comme impérialistes, notamment françaises. Ces organisations voulaient également manifester contre la présence militaire française au Burkina et contre le maintien du franc CFA, une « monnaie coloniale », selon les organisateurs. Une situation qui a conduit le gouvernement à lancer un appel au calme aux populations afin de réserver un accueil chaleureux au président français.

A l'université de Ouagadougou où doit se rendre le président français pour livrer son discours à la jeunesse africaine, l’Union générale des étudiants burkinabè (UGEB), appelle également à manifester d'où cet appel au calme de Remis Dandjinou,  ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.

« L’université est, par excellence, un point de contradiction. Aussi, je pense que si des acteurs universitaires ou des associations disent qu’ils ne sont pas d’accord avec la venue, c’est leur droit ; nous sommes dans un pays de démocratie. Ce que nous voulons c’est insister sur le fait que nous avons ici une pratique culturelle et une pratique de réception de nos hôtes. Cela n’a pas empêché le président Thomas Sankara d’avoir un discours extrêmement dur à l’encontre de Mitterrand et de l’avoir reçu avec tous les égards », a précisé le ministre de la Communication.

Contre la présence militaire française

Plusieurs organisations telles que la Confédération générale du travail ou encore l'Organisation démocratique de la jeunesse, annoncent des manifestations contre le pillage des ressources naturelles et contre la présence militaire française au Burkina Faso.

Alpha Barry, ministre burkinabè des Affaires étrangères, a cependant tenu à souligner que, face à toute situation, il faut privilégier l'intérêt supérieur de la Nation.

« On doit oublier les intérêts partisans et penser à l’intérêt supérieur de la Nation. Imaginez un seul instant l’honneur que le Burkina Faso a eu d’accueillir un chef d’Etat et qu’on dise qu’il a été mal accueilli. Cela ne répond à aucune de nos valeurs ; cela ne répond à aucune de nos références culturelles », a-t-il déclaré. Selon le ministre Alpha Barry, aucune tradition au Burkina Faso n'autorise les populations à boycotter l'arrivée d'un étranger.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.