RCA: calme précaire à Bangui suite à des manifestations contre la Minusca

Des casques bleus de la Minusca sécurisent un convoi sur la route de Bouar à Bangui, le 15 octobre 2017.
© FLORENT VERGNES / AFP

En République centrafricaine (RCA), un calme précaire est revenu à Bangui, ce samedi 25 novembre, au lendemain d'une journée de tensions provoquées par un accident de la circulation qui a causé la mort d'un jeune étudiant. La rumeur selon laquelle l'accident impliquait un véhicule des Nations unies a mis le feu aux poudres et déclenché une série de manifestations de colère contre les personnels de l'ONU.

Tout commence vendredi, à l'aube, quand un véhicule renverse un jeune homme et le blesse mortellement devant le lycée technique de Bangui. Un attroupement se forme, le conducteur prend la fuite et la rumeur publique incrimine un véhicule de la Minusca.

Lorsqu'un peu plus tard, un véhicule signé U-N passe sur les lieux de l'accident, il est pris à partie par la foule et incendié. Les passagers sont sauvés de justesse, selon la Minusca.

Un camion de pompiers est alors envoyé sur place qui, lui aussi, est pris à partie. Ailleurs, en ville, un autre véhicule de l'ONU sera incendié.

Maxime Kazagui, porte-parole du gouvernement, lance un appel au calme et indique que le conducteur responsable de l'accident  était un militaire centrafricain mais son appel n’apaise pas la tension.

La Minusca, à son tour, appelle au calme et se défend. Dans un communiqué, elle déplore la mort du jeune homme et soupçonne une manipulation.

« Ces deux incidents ont été suivis par d’autres attaques à travers la ville de Bangui contre des véhicules de la Minusca, laissant penser à une escalade préméditée », peut-on lire dans le communiqué.

Ce samedi matin, le climat en ville restait tendu. Une tentative de manifestation devant le lycée technique a été dispersée.

La Minusca suscite la défiance de beaucoup de Centrafricains et ce sentiment est régulièrement attisé. Il y a un an, des manifestations hostiles à la présence de la mission onusienne s'étaient soldées par la mort de quatre civils, à Bangui.