Zimbabwe: la Cour juge légal le coup de force de l’armée

Des manifestants célèbrent la démission de Robert Mugabe, le 21 novembre 2017 dans les rues de Harare.
© REUTERS/Mike Hutchings

La justice zimbabwéenne a jugé que le « coup de force de l'armée » qui a abouti à la démission du président Robert Mugabe était légal. Le tribunal de Harare avait été saisi par deux citoyens zimbabwéens. La décision est tombée, ce samedi 25 novembre. Les militaires ont pris le contrôle du pays, dans la nuit du 14 au 15 novembre, provoquant des protestations au niveau national et international. L’Union africaine a notamment mis en garde contre ce qu’elle estimait être un coup d’Etat par l’armée et a appelé à un retour au respect de la Constitution.

Dans son verdict, la Cour estime que l’intervention de l’armée est légale car elle visait à empêcher des personnes non élues d'occuper des fonctions électives. Le tribunal faisait ainsi référence à Grace Mugabe, épouse de l’ex-président, et à son entourage, accusés de peser sur les choix de l’ex-président pour faire avancer leurs intérêts personnels.

Actes « constitutionnels »

Grace Mugabe est notamment accusée d’avoir poussé au limogeage du vice- président d’alors, Emmerson Mnangagwa, dont elle convoitait le poste. La Cour a donc estimé que les actes de l’armée « visant à empêcher les proches de l'ancien président Robert Mugabe d'usurper le pouvoir sont constitutionnels ».

Vernis de légalité

Cette décision de justice donne un vernis de légalité à cette intervention de l’armée accusée, depuis le début, d’avoir renversé le président via un coup d’Etat.

Dans un autre jugement, rendu vendredi, la justice a également annulé, à la demande de Emmerson Mnangagwa, le limogeage, il y a deux semaines, de son poste de vice-président.

L’organisation des droits de l’homme, Human Rigths Watch, estime que ces deux verdicts sont surprenants et remettent en cause l'indépendance de la justice zimbabwenne.

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