Dernier round du dialogue interburundais sans les ténors de l'opposition en exil

Bujumbura n'avait plus mis les pieds à Arusha depuis le premier round des discussions, organisé en décembre 2015 (photo d'illustration).
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C’est ce 27 novembre la reprise du dialogue interburundais à Arusha dans le nord de la Tanzanie, pour deux semaines, pour une quatrième session présentée par l'équipe du facilitateur comme la dernière avant la signature d'un accord dans ce pays qui traverse une grave crise politique née depuis fin avril 2015 de la volonté du président Pierre Nkurunziza de briguer un 3e mandat, qu'il a obtenu depuis juillet de la même année. Jusqu'ici, la liste des participants a toujours été la pierre d'achoppement, Bujumbura refusant de s'asseoir à la même table de négociation que son opposition regroupée en exil, et qu'il accuse d'être derrière les violences dans ce pays. Cette fois, les chefs d'Etat tanzanien et ougandais ont obtenu le retour du gouvernement à la table de négociation, après des mois de pression sur le pouvoir burundais, au détriment de son opposition. Qui sera là et qui sont les absents ?

Bujumbura n'avait plus mis les pieds à Arusha depuis le premier round des discussions, organisé en décembre 2015. Mais impossible cette fois de s'y soustraire, car cela aurait été considéré comme un camouflet aux chefs d'Etat de la région.

Le gouvernement envoie donc un représentant, le secrétaire permanent du ministère de l'Intérieur, Thérence Ntahiraja, le signal selon des analystes que le pouvoir burundais ne veut rien lâcher.

Mais le véritable patron de ce camp sera sans doute le secrétaire général du parti Cndd-FDD au pouvoir, le général Evariste Ndayishimiye. Il aura autour de lui des dizaines de soutiens issus de dizaines de partis politiques et d'organisations de la société civile qui lui sont alliés.

Dans l'autre camp, les ténors du Cnared, la plate-forme qui regroupe la quasi-totalité de l'opposition, ont décidé de boycotter des négociations où leur mouvement n'a pas été invité nommément. Et est-ce un hasard, ils sont réunis en ce moment en conclave à Bruxelles, en vue de se doter d'un nouveau leadership. Mais il pourrait envoyer une délégation à Arusha, pour expliquer sa position.

L'opposition interne au pouvoir de Nkurunziza, elle, est incarnée par le leader historique des ex-rebelles des FNL Agathon Rwasa. Elle est déjà sur place et va militer pour que ces négociations se poursuivent en Tanzanie.

Enfin, il y a la société civile indépendante du Burundi à la tête de la contestation du 3e mandat du président Nkurunziza en 2015 et qui vit désormais en exil, la grande absente d'Arusha. La plupart de ses grandes figures n'ont pas été invitées ou ont décidé de boycotter la session.

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