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RDC

RDC: une disposition du projet de loi électorale fait polémique jusqu'au PPRD

Beaucoup, au sein de la classe politique, voient d'un mauvais œil l'introduction d'un «seuil de représentativité» dans le processus de répartition des sièges des députés en RDC (Kinshasa, image d'illustration).
© DESIREY MINKOH / AFP

Le projet de nouvelle loi électorale sera-t-il examiné à l'Assemblée nationale ce lundi 27 novembre ? C'est ce qui était prévu, mais une disposition de ce texte de loi fait polémique. Beaucoup, au sein de la classe politique congolaise, voient d'un mauvais œil l'introduction d'un « seuil de représentativité » dans le processus de répartition des sièges des députés en RDC. Si le projet de loi passe en l'état, les listes des partis et regroupements politiques ou des candidats indépendants doivent atteindre ou dépasser « 3 % du nombre total de suffrages valablement exprimés » au niveau national pour espérer remporter des sièges à l'hémicycle. Une disposition défavorable aux petits partis et qui fait débat, jusqu'au sein du parti présidentiel le PPRD, comme l'a révélé samedi un enregistrement diffusé par l'hebdomadaire Jeune Afrique.

La scène se déroule vendredi à Kinshasa. Des cadres du PPRD sont réunis pour discuter de la stratégie à adopter. Pour Henri Mova, pas de doute, il faut défendre le projet de réforme « jusqu'au bout », ce qu'il dit dans l'enregistrement. On comprend qu'aux yeux du secrétaire général du PPRD, la question du seuil de représentativité est stratégique,  car elle doit « remettre le parti présidentiel sur pied ». En clair, resserrer les rangs et débarrasser la majorité d'un certain nombre de partis satellites ou autres transfuges devenus encombrants dans le partage du pouvoir.

Mais on entend aussi les doutes du vice-Premier ministre de l'Intérieur. « Tout le monde est contre », déplore-t-il à propos du projet de loi. « Aurons-nous 260 voix » pour le « faire passer » ? « Non ! », répond l'assistance. Le président de l'Assemblée nationale émet également des réserves : « Sur le plan politique » est-ce bon ?, s'interroge Aubin Minaku qui rappelle tout de même au passage que les partis qui craignent de disparaître avec cette loi n'ont été créés que pour répondre à « une stratégie électorale », des partis qualifiés de « partis tiroirs, sans militants, et sans drapeau »... Et le président de l'Assemblée nationale de conclure que la levée de boucliers est telle que même « l'encadrement de certains élus », à savoir l'incitation financière ne garantit pas le vote du projet de loi tel que présenté par le gouvernement.

Théoriquement, pour respecter le nouveau calendrier électoral, la nouvelle loi électorale doit être adoptée au Parlement au plus tard le 30 novembre, avant sa promulgation par le président de la République le 15 décembre.

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