[Reportage] Zimbabwe: relancer l’économie, un défi monumental pour Mnangagwa

A Harare, les files d'attente devant les banques s'allongent avec la pénurie de liquidités qui s'aggrave (photo d'archives, 2016).
© REUTERS/Philimon Bulawayo

L’économie du Zimbabwe est à genou : la production tourne au ralenti, faute d’investissement ; le taux de chômage atteint quasiment les 90 % ; et depuis plusieurs années le pays fait face à une importante crise de liquidité. Depuis 2009, le pays n’utilise plus sa propre monnaie mais le dollar. Et l’année dernière, le gouvernement a pourtant lancé des bonds d’obligation pour tenter de pallier le manque d’argent liquide. Mais aujourd’hui le billet vert se fait rare et les queues s’allongent devant les banques.

Il est 10h du matin  et une centaine de personnes fait la queue devant une banque du centre de Harare. Les retraits sont limités à 20 dollars par jour. Et souvent il faut faire plusieurs heures de queue.

Olivia habite à 20 km du centre. Elle vient là une fois par semaine, le samedi, et y passe la journée : « J’ai de l’argent à la banque mais je ne peux pas l’utiliser quand je veux. Des fois quand j’essaye de payer avec une carte bancaire ça ne marche pas. Il me faut de l’argent liquide par exemple pour prendre le bus ou pour acheter des petites choses comme des tomates au marché ; là vous ne pouvez pas utiliser de carte. »

Même scénario devant la Barclays, dans la rue voisine. Seulement les 100 premiers pourront retirer de l’argent. Les banques ferment leurs portes quand elles n’ont plus de liquide. Emmanuel fait la queue depuis 5h du matin. Vingt dollars suffisent à peine pour sa famille : « Je viens ici presque tous les jours pour avoir du liquide, car 20 dollars ce n’est pas assez pour moi et ma famille. On dépense au moins 15 dollars par jour, entre le transport, l’école des enfants. On a besoin de liquide. »

Le gouvernement encourage les paiements, notamment des salaires, par carte bancaire pour tenter de pallier cette crise de liquidité.

Mais la situation s’est empirée. Avec la chute des cours de matières premières et la sécheresse, les exportations ont dégringolé, réduisant l'entrée dans le pays de liquidités étrangères. Aujourd'hui, les billets verts sont introuvables. Et les bonds d’obligation qui il y a un an valait un dollar s’échangent aujourd’hui moitié moins sur le marché noir.

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