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Cameroun

Cameroun: 4 soldats tués lors d'une attaque perpétrée en zone anglophone

Des soldats camerounais patrouillent à bord de véhicules militaires dans la commune de Fotokol, à la frontière du Nigeria, le 3 février 2015. (Photo d'illustration)
© AFP PHOTO / STEPHANE YAS

Une nouvelle attaque contre des soldats de l'armée a été perpétrée dans la zone anglophone du Cameroun. Quatre d'entre eux ont été tués, dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 novembre dans cette région du sud-ouest du pays. Cette attaque est attribuée par les autorités aux séparatistes anglophones.

L'attaque a visé l'un des postes avancés de l'armée camerounaise dans la région du sud-ouest, situé entre la petite ville de Mamfé et la frontière avec le Nigeria. Selon des sources contactées dans le secteur, ce groupe armé a attaqué le poste entre minuit et 2 heures du matin (heure locale). Ils ont tué les quatre soldats qui étaient sur place avant d'emporter leurs armes, dont une mitrailleuse à gaz et des fusils d'assaut.

Les assaillants, une quinzaine de personnes armées selon des sources militaires sur place, ont utilisé des pirogues. « Ces terroristes ont déferlé sur les quatre soldats de faction en tirant, puis ils les ont massacrés sauvagement », avant de se replier par le fleuve qui serpente dans cette zone, décrit cette source.

Les assaillants se seraient ensuite dirigés vers la frontière nigériane, à quelque 80 km de là. Ce nouvel incident porte à huit le nombre de militaires camerounais tués en zone anglophone en moins d'un mois. Des attaques qui n'avaient visé jusqu'ici que des soldats isolés.

Le porte-parole du gouvernement Tchiroma Bakary parle d'une véritable escalade de la violence qu'il met sur le compte des « séparatistes anglophones terroristes » et leur promet « une riposte à la mesure de leurs crimes ».

Couvre-feu nocturne, restrictions de mouvement et sévères mesures de contrôle des armes à feu, la tension ne cesse de monter depuis octobre 2016 dans une zone anglophone qui se sent marginalisée.

Plusieurs habitants de Buea, la capitale de la région du sud-ouest, ne cachent plus leur crainte de voir cette partie du Cameroun sombrer dans la violence.

Et du côté de l'armée, certains commencent en avoir assez de faire preuve de retenue. « Les autonomistes Ambazoniens, comme ils se nomment, sont des enfants de chœur, si on les compare à Boko Haram », a prévenu un haut gradé de l'armée.

Un nouveau palier semble donc avoir été franchi cette fois, autant par le nombre de soldats tués que par le mode opératoire. Des observateurs et analystes expriment de plus en plus leurs craintes de voir la crise tourner à l'insurrection armée, mais le pouvoir camerounais a toujours assuré avoir les choses bien en main.

Dés terroristes ont, barbarement, égorgés quatre des nôtres...
Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Tchiroma Bakary, revient sur cette attaque qu'il attribue aux séparatistes anglophones.
30-11-2017 - Par Esdras Ndikumana

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