Pillage de sépultures à Madagascar

Un tombeau familial a été ouvert et pillé à Mahitsy, à une heure au nord d'Antananarivo, la capitale (photo).
© Sascha Grabow / Wikimédia

Un tombeau familial a été ouvert et pillé dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 novembre, a indiqué la gendarmerie nationale mardi 28 novembre. Cela s'est passé dans la localité de Mahitsy, à une heure au nord d'Antananarivo, la capitale. Le vol d'ossements humains est récurrent sur la Grande Ile. Il ne se passe pas une semaine sans que ce genre de vol ne fasse les titres de la presse locale. Un phénomène difficile à expliquer puisque les sépultures sont sacrées dans la culture malgache et le culte des ancêtres encore très présent.

Linceuls et ossements éparpillés aux alentours du tombeau familial ont alerté les passants : 90% des dépouilles de ce tombeau très ancien ont été volées ou en partie volées, a indiqué le propriétaire. Les pilleurs recherchent des ossements humains.

A Madagascar, la rumeur dit qu'il s'agit d'un trafic, que la poudre de ces os est très prisée à l'étranger, notamment en Chine, pour fabriquer des cosmétiques.

Mais pour le commandant Herilalalatiana Andrianarivosona en charge de la communication à la gendarmerie nationale il n'en est rien : « Nous n'avons jamais arrêté qui que ce soit avec des ossements ou de la poudre d'ossements humains aux aéroports ou aux ports. Les investigations que nous avons menées ne permettent pas dire qu'il s'agit d'un trafic international »,  explique-t-il. « Par contre, nous retrouvons souvent ces os dans les poubelles publiques », poursuit-il.

Pour la gendarmerie, c'est un système d'arnaque qui est à l'origine de ces pillages de tombeaux : des investisseurs pensant pouvoir gagner de l'argent facilement se font piéger par des escrocs. Ils achètent des ossements humains à ces arnaqueurs croyant pouvoir les revendre à prix d'or à un acheteur étranger. En fait, il n'y a aucun acheteur. Les arnaqueurs disparaissent avec l'argent. L'investisseur, lui, se retrouve encombré par ces os sans jamais pouvoir les revendre.