Madagascar: problème de protection des témoins dans lutte anti-corruption

A Madagascar, ils sont nombreux ceux qui reçoivent des menaces pour avoir dénoncé des cas de corruption (vue de la capitale malgache, photo d'illustration).
© Alice Milot

Plus de protection pour les témoins et les dénonciateurs de cas de corruption à Madagascar, c'est ce que demande le Bureau indépendant anti-corruption, l'organisme chargé de mener les enquêtes dans ce type d'affaires. Une réunion s'est tenue mercredi matin 29 novembre avec le ministère de la Justice et le ministère des Finances notamment. Aujourd'hui ce manque de protection des témoins et des lanceurs d'alerte a des conséquences directes sur la capacité du Bureau anti-corruption (Bianco) de mener ces enquêtes jusqu'au bout.

A Madagascar, ils sont nombreux ceux qui reçoivent des menaces pour avoir dénoncé des cas de corruption. Le plus connu reste Clovis Razafimalala, militant écologiste menacé de mort pour ses dénonciations de trafic de bois de rose.

La loi sur la lutte contre la corruption adoptée il y a tout juste un an indique que c'est le directeur du bureau anti-corruption qui est responsable de la protection des témoins, dénonciateurs ou lanceurs d'alerte. Mais sur le terrain cette mission est impossible à mener, explique le principal concerné Jean-Louis Andriamifidy, le directeur général du Bianco : « Lorsque la vie d'un témoin est en danger, le Bianco ne dispose pas de structure ni de budget pour permettre de protéger physiquement le témoin ou le dénonciateur. On reçoit beaucoup de dénonciations anonymes. Les gens disent : "On ne peut pas donner notre nom parce que nous avons peur". Si on fait des investigations sur des dénonciations anonymes, on arrive quelques fois à des impasses, donc il faut quand même que les gens puissent s'exprimer. »

Permettre aux témoins et lanceurs d'alerte de s'exprimer sans crainte est un objectif primordial puisque Madagascar est l'un des pays les plus corrompus au monde selon l'ONG Transparency International. Ce 29 novembre, le Bianco a soumis ses doléances aux ministères concernés. Il espère qu'une nouvelle loi sera adoptée pour pouvoir renforcer la protection des témoins de corruption.