Tchad: décès du Dr. Abba Siddick, figure historique de la politique tchadienne

Fort-Lamy en 1962, photo d'illustration.
© Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty

Le docteur Abba Siddick est mort, vendredi 1er décembre, à Paris, à l'âge de 93 ans. Son corps sera rapatrié au Tchad, son pays, pour lequel il s'est battu contre le colonisateur français, dans les années 50. RFI  a pu joindre, ce dimanche matin, Acheikh Ibn Oumar, ancien ministre tchadien des Affaires étrangères qui l’a bien connu.

Après l'indépendance, Abba Siddick (né en 1924), alors jeune médecin, participe à la création du Frolinat, première grande rébellion du nord et de l'est tchadien.

Dans les années 1970, aux côtés de Saadi Goukouni Weddeye, il est l'un des principaux chefs de la rébellion qui prend le pouvoir, au début des années 1980, à Ndjamena.

Son fils, Amine Abba Siddick est aujourd'hui l'ambassadeur du Tchad à Paris.

Joint par RFI, Acheikh Ibn Oumar, ancien ministre tchadien des Affaires étrangères, évoque une grande figure politique qui, très tôt, a embrassé l’idée d’indépendance.

« Je crois que ce qu’il faut surtout retenir, c’est sa posture d'intellectuel anticolonialiste, engagé, très tôt. En 1947, il devait avoir 25 ans et était jeune médecin africain, il faisait déjà l’objet d’un rapport du gouverneur de la région d’Abéché où il exerçait : le gouverneur mettait en garde l’autorité coloniale contre les activités subversives de Abba Siddick. Il représentait ce que l’on appelait, à l’époque coloniale, les « évolués », ces rares Africains qui avaient été à l’école, qui étaient les premiers cadres locaux et qui très tôt ont embrassé l’idée de l’indépendance et de la nécessité d’avoir un pays à soi pour être dans le concert des Nations. Je pense que c’est surtout cette image que je retiens pour lui et pour sa génération », raconte t-il.

► sur la marche vers l'indépendance du Tchad et le rôle de Goukouni Weddeye et de Abba Siddick, lire aussi sur RFI.fr: Goukouni Weddeye, tel qu'il se raconte.