Algérie: Macron tente d'«écrire une histoire nouvelle»

Emmanuel Macron à Alger le 6 décembre 2017.
© REUTERS/Zohra Bensemra

« Mon ambition pour nos relations n’a rien à voir avec ce que l’on fait depuis 20 ans. » C’est la déclaration d’intention formulée par Emmanuel Macron à l’issue de sa visite express en Algérie mercredi 6 décembre. Une journée au pas de charge marquée par une rencontre avec Abdelaziz Bouteflika, son homologue algérien. Le chef de l’Etat français souhaite établir une relation décomplexée avec l’Algérie. Il fait un geste pour la réconciliation des mémoires et se tourne vers la jeunesse pour « écrire une histoire nouvelle ».

Avec notre envoyé spécial à Alger,  Anthony Lattier

Emmanuel Macron veut appliquer à l’Algérie la formule développée la semaine dernière à Ouagadougou : avoir une relation décomplexée sur les questions mémorielles pour mieux se tourner vers l’avenir. C’est à la jeunesse qu’il s’adresse en faisant ses annonces : le développement de formations communes ainsi que d’une école spécialisée dans le numérique, la mise en place un fonds franco-algérien d’investissements, ou encore la simplification des visas de circulation.

Ca reste une excellente nouvelle...
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07-12-2017 - Par Leïla Beratto

Le chef de l’Etat voudrait ne plus être l’ « otage du passé ». Il accède à une vieille requête, celle de la restitution des crânes des martyrs algériens du milieu du 19e siècle qui se trouvent en France.

Mais en échangeant avec la population, Emmanuel Macron a pu se rendre compte que les Algériens avaient toujours des attentes de reconnaissance plus forte de l’action de la France. Jouer de sa proximité générationnelle n’a parfois pas suffi pour convaincre ses interlocuteurs. Le contentieux mémoriel est sans doute plus difficile à dépasser que le président ne le souhaiterait.

Moi je ne suis pas bloqué, je suis très décomplexé. J'ai dit les choses sur le passé...
Emmanuel Macron
07-12-2017 - Par Anthony Lattier