Justice: un collectif propose une réforme du «secret défense» français

Mehdi Ben Barka en janvier 1959 lors d'une conférence à Casablanca et assassiné en octobre 1965. Comment faire pour que la vérité éclate dans des affaires couvertes par le secret défense?
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Après l'annonce par le président français Emmanuel Macron de sa décision de déclassifier « tous les documents » relatifs à l'assassinat de l'ancien président Thomas Sankara, le collectif Secret défense, a organisé une conférence de presse, mercredi 6 décembre à Paris. Laurence Blisson, la secrétaire générale du Syndicat de la magistrature estime que que le « secret défense » qui est entre les mains de « l'autorité politique » est une entrave à la manifestation de la vérité dans un certain nombre d'affaires, un « secret défense » qui voile selon elle la Convention européenne des droits de l'homme.

Le collectif Secret défense compte dans ses rangs des gens ou associations qui se battent pour que la vérité soit faite dans des affaires couvertes par le « secret défense », comme Bachir Ben Barka, le fils de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka enlevé à Paris en 1965, ou encore Les amis de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, deux journalistes français de RFI tués en 2013 au Mali.

Laurence Blisson, la secrétaire générale du Syndicat de la magistrature donne des pistes pour une réforme qui mettrait en place une sorte de juge du « secret défense » qui pourrait décider de sa levée dans des cas particuliers.

 

Dans une démocratie, on ne peut pas avoir un Etat qui empêche la manifestation de la vérité.
Laurence Blisson, secrétaire général du Syndicat de la magistrature
07-12-2017 - Par Christophe Boisbouvier