Madagascar: verdict dans un procès atypique sur l’occupation des terres

A Madagascar se tenait un procès atypique, qui opposait un ancien ministre et un groupe de paysans, sur fond de droit d'accès à la terre (photo d'illustration).
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A Madagascar se tenait mercredi 6 décembre un procès atypique, qui opposait un ancien ministre et un groupe de paysans, sur fond de droit d'accès à la terre.

C'est l'histoire d'un bout de terre laissé vacant par un ancien ministre, Georges Ruphin, parti prendre un poste d'ambassade en Italie : 569 hectares, non loin de Tananarive, qu'il a rachetés en 1988 à une société coloniale. Cette entreprise y faisait pousser des bancouliers, des arbustes qui produisent des noix avec lesquelles on fait de l'huile. Quand le ministre part prendre son poste, il laisse la terre aux anciens employés de la société, qui la travaillent et la font fructifier pendant son absence. Ils tirent un revenu de leur travail.

Mais quand il revient, 5 ans plus tard, il décide d'entreprendre une démarche d'expulsion à l'égard des paysans qui eux refusent d'en partir.

Georges Ruphin veut récupérer ses terres et veut faire de l'agroforesterie, comme en son temps la société coloniale, un mode d'exploitation des terres agricoles qui couple arbres et culture d'élevage, un modèle à des années-lumière  du modèle de l'agriculture paysanne, d'accès à la terre, qui permet aux paysans de se rémunérer grâce au foncier.

Si le droit malgache est du côté du ministre, ce procès pose tout de même un conflit d'ordre moral. Georges Ruphin réclame des dommages et intérêts par année où il n'a pu exploiter sa parcelle.  Et aujourd'hui les paysans demandaient un recours suspensif au tribunal de Miarnarivo. Mais le Tribunal de cassation a refusé de suspendre l'ordonnance d'expulsion. Le procès va se poursuivre début 2018.