Kenya: le ministre de la Justice met en garde Raila Odinga

Le leader de l'opposition, Raila Odinga, en meeting à Nairobi, le 18 octobre 2017.
© REUTERS/Baz Ratner

Au Kenya, le ministre de la Justice met en garde Raila Odinga contre son projet d'investiture parallèle. Peu après l'investiture d'Uhuru Kenyatta le 28 novembre dernier, le chef de l'opposition, qui ne reconnaît toujours pas la victoire de son rival, avait en effet annoncé qu'il allait lui aussi prêter serment le 12 décembre, jour de la fête de l'indépendance kenyane. Mais le garde des Sceaux a déclaré que cela serait considéré comme un acte de trahison.

« Il est ridicule pour un candidat qui a boycotté l'élection de tenter d'accéder au pouvoir par des moyens détournés », a déclaré Githu Muigai. Le ministre de la Justice a tenu à rappeler que toute prestation de serment hors du cadre de la Constitution est illégale et serait considérée comme un acte de trahison.

Egalement dans le viseur du garde des Sceaux, les Assemblées du peuple, qui font partie du mouvement de résistance lancé par Raila Odinga. Une dizaine de comtés kényans ont déjà adopté, via leurs assemblées locales, la motion visant à la mise en place de cette Assemblée parallèle dont la forme et le mandat sont encore flous, mais qui devrait, selon l'opposition, pousser à des réformes. Cela aussi est illégal, affirme Githu Muigai.

Ces derniers jours, la pression monte autour de Raila Odinga dont la décision de prêter serment divise, jusqu'au sein de son parti. Les Etats-Unis ont envoyé à Nairobi Donald Yamamoto, secrétaire d'Etat adjoint aux Affaires africaines. Il a demandé à Raila Odinga de renoncer à l'investiture, mais le leader de la NASA campe sur ses positions et critique la communauté internationale, qui, dit-il, ne réagit pas face aux violences policières à l'encontre de ses partisans.