Présidentielle à Madagascar: l'enjeu crucial de la lutte anticorruption

Une vue de la capitale Tananarive à Madagascar.
© REUTERS/Thomas Mukoya

Jeudi se tenait à Tananarive un atelier interactif entre le Bianco, le bureau indépendant anticorruption, le Comité pour la sauvegarde de l’intégrité, et l’ensemble des partis politiques de Madagascar. À un an des élections présidentielles, 48h d’échanges pour sensibiliser et alerter sur les méfaits de la corruption, prégnante sur la Grande Île.

Tous les principaux partis politiques de Madagascar ont répondu présents à l’initiative. Roland Ravatomanga est un ancien ministre de l’Agriculture et membre du bureau politique du Tim, le parti de l’ancien président Marc Ravalomanana. Pour lui, le plus important est d’arriver à des élections présidentielles crédibles en 2018.

« Si dans les préparatifs ou dans l'organisation des élections il y a utilisation abusive de financements non-justifiés issus de la corruption, c'est dangereux et c'est très négatif. Et les résultats nécessairement de cette élection vont être contestés quels que soient les justificatifs que l'on va essayer de donner par la suite. »

Rendre la corruption anormale, risquée et non rentable, voilà le leitmotiv de l’atelier. Apprendre à la détecter, connaître les peines encourues, les partis se doivent d’avoir la même éthique pour assainir l’espace public.

Le Comité pour la sauvegarde de l’Intégrité a aussi un deuxième axe travail explique Brice Lejamble, son secrétaire exécutif. Former des magistrats spécialisés pour que les enquêtes sur des faits de corruption puissent aboutir. « C'est pas comme un vol de voiture ou un cambriolage, où on peut avoir des preuves matérielles, et tout de suite mettre la main sur les coupables. La corruption est cachée et secrète, difficile à détecter, encore plus le blanchiment, donc il faut des gens très spécialisés pour ça. Un juge ordinaire ne peut pas vraiment traiter une affaire de corruption s'il n'a pas été bien préparé. »

En 2016, dans le classement mondial d’indice de la perception de la corruption, Madagascar a dégringolé à la 145e place sur 176. Une dégringolade de 22 places en un an, due au manque de prise de responsabilité du citoyen dans la lutte contre la corruption.